‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 79 sur 331 · NEGRER ET LES FINANCES 13T · texte numérisé non relu

NEGRER ET LES FINANCES 13T

des sacrifices extraordinaires. Pour calmer les popula^ lions rurales, pour éviter que le désespoir ne les poussât à la révolte, il fallait multiplier sans cesse les secours en nature et les secours en argent. Comment subvenir à ce double fardeau? Les effets royaux étaient dépréciés, le crédit était nul. Necker, en arrivant, prêta deux millions sur sa propre fortune. Enliardis par son exemple, et surtout rassurés par son habileté, ainsi que par sa loyauté financière, quelques capitalistes se risquèrent à faire des- avances. Les notaires de Paris versèrent 6 millions au trésor. En une seule matinée les fonds publics remontèrent de 30 0/0. « Un tel effet, » dit sans exagération Mme de Staël *, « produit sur le crédit public par la confiance en un homme^ n'a point d'exemple dans Thistoire ».

On s'attendait à le voir rapporter immédiatement l'édit du 16 août, celui qui avait causé tant de colères et d'inquiétudes, en autorisant à payer une partie des dettes de l'État avec des billets sans échéance fixe.* On ne réfléchissait pas qu'avant de prendre une mesure si grave, il fallait se livrer à un examen plus attentif, sonder l'avenir et s'assurer qu'à toute, époque les ressources du trésor permettraient d'effectuer les payements en numéraire. Necker n'était pas homme à hasarder un engagement solennel sans être bien sûr de le tenir. Il ae se décida qu'après une vérification minutieuse et qui exigea de lui une étude approfondie. Peut-être aussi n'était-il pas fâché d'attendre la disgrâce du garde des sceaux, et ne voulait-il rien aborder de sérieux, avant d'avoir obtenu la satisfaction qu'il jugeait nécessaire à la réussite de ses projets. Toujours est-il que l'arrêt du conseil si impatiemment attendu ne parut que le 14 septembre, précisément le jour où Lamoignon quitta

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