‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 2 sur 126 · Le 3 mon lS2e · texte numérisé non relu

Le 3 mon lS2e

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TIII INTRODUCTION

pour y exercer h bod tour la profession paternelle. Mais la situation de la famille, soutenue par l'intelligence et l'exacte probité de son chef, était devenue de plus en plus usée. Si des go&ta nouveaux se faisaient jour dans l'esprit du jeune avocat, il lui était fadle de les satisfaire ; le travail quotidien du barreau n'était plus pour lui qu'une occasion d'exercer une activité d'esprit très intense, une science du droit très précise et un talent de parole dont aucune de ses pages les meilleures ne saurait, paralt-il, donner une idée. Malgré ses succès oratoires très réels, H. Chérest se sentit attiré vers des études plus désintéressées et plus scientifiques. A peine élu membre (le 4 juin 1848) de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, récemment fondée, il se mit en quête de sujets de travail, et il ne quitta, pour ainsi dire, plus la plume jusqu'à la mort.

Il se trouvait lit dans un milieu favorable aux recherches érudites. La Société dont nous parlons n'a jamais donné asile ni à la philosophie, ni à la poésie, ni à la fimtaisie littéraire. Non pas qu'elle désespérflt d'entendre parfois des morceaux intéressants et de piquants couplets; mais elle pensa qu'elle aurait sans doute à les payer par une grande quantité d'oeuvres médiocres et dont le tort le plus grave serait d'exclure toute discussion sérieuse, c'est-à-dire toute vie et toute action. C'était au contraire, c'est toujours pour elle une très heureuse et très efficace condition de succès, que de voir associées dans une même réunion des recherches positives portant d'un c4té sur le sol régional, d'un autre sur les archives, les monuments, les souvenirs du pays.

M. Chérest rencontrait, de plus, dans cette Société des collaborateurs et des amis dont il a toujours apprécié et loué délicatement les mérites divers. C'était, daîis l'ordre des sciences naturelles, M. Cotteau, si connu pour ses beaux travaux de géologie, l'un de ceux qui, avec M. de S^orta, représentent le plus briUamment parmi nous cette science libre de tout caractère officiel et de tout devoir professionnel, beaucoup plus en faveur chez les Anglais que chez nous. C'était, dans les sciences historiques, M. Ghalle, dont l'Académie des inscriptions a couronné les travaux; puis l'infitti*

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INTRODCCTION IX

gable et spirituel archiviste M. Quantin, qui a tant fait pour l'histoire du département de l'Yonne et de la ville d'Auxerre, qui a contribué aussi pour sa grande part à attirer l'attention des érudits sur cette question encore si obscure, mais si intéressante, de l'état de l'enseignement primaire en France avant 1789. Nous en devrions citer d'autres encore, tels que l'excellent professeur M. Blin, M. Ernest Petit, l'historien des ducs de Bourgogne de la première race, etc. Tous ceux-, là ont eu leur part dans la récompense collective que le Comité des Sociétés savantes fit décerner à la Société auierroise, comme on décore le drapeau d'un régiment.

Le rdle que joua M. Chérest dans ce milieu peut se résamer en quelques mots. Pendant de longues années, il donna l'exemple des recherches les plus patientes sur les sujets quelquefois les plus ardus. Il travailla modestement à éclairer tels ou tels points très circonscrits de l'histoire de la r^on qu'il habitait, passant des semaines et des mois à compulser non seulement les archives départementales , mais celles de nos vieilles églises, voyageant à droite et & gauche à la recherche d'un document, et y trouvaat autant de charme qu'à ses voyages de touriste et d'amateur en Espagne, en Italie. Ce n'est qu'après avoir relevé lui-même, sur fiches, des masses de témoignages ou de faits authentiques, qu'il prenait la plume, et il s'appliquait alors, non sans succès, à donner ft ses travaux l'heureuse distribution, la clarté, l'élégance, le ton persuasif qui, en toute matière, font aimer la certitude. Peu à peu cependant il chercha des sujets de plus en plus vastes : par une pente toute naturelle, il en arriva à traiter, nous ne dirons certes pas sans effort, mais sans crainte comme sans présomption, l'histoire d'une des plus grandes époques de notre pays et de l'humanité.

Voici ta liste de ses travaux; nous tenons à la donner complète, autant pour faciliter les recherches de plus d'un travailleur que pour rendre à sa mémoire un hommage dont elle est digne.

En 1850 et 1852, Notice sur les musiciens qui ont illustré le département de {'Yonne, depuis les premiers siècles de

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