‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 4 sur 126 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

membre du gouvernement prùviaoire de 1848, 1 vol. in-8".

En 1874, let faïences de CAuxerrois, brochure.

Eq 1879, L'Archiprêtre, épisodes de la guerre de Cent an» au XIV* siècie, Paris, Claudin, ouvrage couronné par l'Académie des inscriptions et belles -lettres, 1 vol. in-S" de 410 p.

En 1885-1886, La Chute de l'Ancien Régime '.

Dans la séance publique annuelle du 12 novembre 1880, le président de l'Académie des inscription» et belles-leltres s'exprimait ainsi sur l'avant-dernier de ces travaux ; << La première de ces distinctions (concours des antiquités nationales) a été attribuée ft M. Aimé Chérest, pour son livre, intitulé L'Archiprêtre, épisodes de la guerre de Cent ans au xiv' siècle. L'Archiprêtre était, on le sait, le nom de guerre que portait ordinairement Arnaud de Cervolle, ce capitaine de routiers qui, de 1357 environ k 1366, joua un râle si actif et si brillant dans la plupart des rencontres entre les Anglais et les Français. Utilisant et dépassant de premiers travaux sur ce sujet, M. Chéreat, déjà connu par d'importants ouvrages historiques, a su découvrir dans les archives, notamment à Dijon, des documents nouveaux et importants qu'il a mis excellemment en œuvre. Il a groupé autour de son héros les Enits si multiples et si curieux d'une guerre célèbre; son livre en tire une valeur de beaucoup supérieure à celle d'une simple monographie, et cet intérêt général, qui en est la marque distinctive, a. été pour l'Académie un grave motif de préférence. »

Avec la vie de son compatriote Marie, l'ami ancien de sa famille, son conseiller aux années de jeunesse, M. Chérest avait dû pénétrer dans l'histoire contemporaine et dans l'appréciation de nos luttes politiques. Il ne s'en était jamais désintéressé. Il avait joué pendant de longues années un rôle important au Conseil général de l'Yonne, et il avait été

1. Presque toutes les brochures que nous avons énumérées, les études nSnie plus considérables sur Vézelay et sur M. Marie, avaient d'abord pani dans le Butletin de la SocitU da sciences historiques et naturelles de tYtmne. — L'At'chiprelre et là Chute de l'Ancien Régime parurent tout k tail à part.

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XII INTBODUCnON

souvent sollicité de se présenter aux élections législatives. Ses connaissances très étendues, sa longue pratique des affaires du département, sa notoriété, son talent de parole semblaient devoir lui rendre le succès facile. Les principaux obstacles vinrent peut-être de lui-même. Esprit très large, très lucide, très indépendant, il pouvait ôtre sollicité tour à tour par des partis assez divers, presque opposés, qui appréciaient également bien le prix d'un pareil concours. Avec la plus grande sincérité, M. Chérest,trop libéral pour ceux-ci, trop conservateur pour ceux-là, jugeant déjà son époque même et ses amis en historien plutôt qu'en homme de parti, en arrivait toujours à se dégager des uns et des autres. L'amour du repos, du repos actif, la préparation lointaine de quelque ouvrage, les voyages d'artiste etd'érudit, l'extension croissante et les embellissements continus du vieux domaine paternel ' achevèrent de détourner doucement notre ami des luttes politiques, malgré tous les regrets et les reproche* d'un très grand nombre de ses concitoyens.

En 1876 pourtant, il se présenta contre M. Paul Bert. Quoique l'ami et l'historiographe du républicain doctrinaire Marie, M. Chérest n'était pas ce qu'on a appelé tour à tour un homme de 1848 ou un républicain de la veille. C'était, comme il le disait souvent lui-même, un bourgeois de 89, très partisan de la monarchie constitutionnelle, très partisan surtout d'une méthode conservatrice et modérée dans la pratique de toutes les institutions qui pouvaient avoir été choisies, subies ou acceptées par le suffrage universel.

Voici quelques passages d'un discours qu'il prononça dans une réunion et qui fut distribué comme profession de foi :

a Ma candidature est celle d'un conservateur et d'un conservateur de vieille date..., j'ajoute franchement que je ne suis point un républicain de la veille. Comme l'immense majorité d'entre vous, j'ai cru que les traditions et tes intérêts de la France exigeaient un gouvernement de forme moins

1. Des amJB plus ancieos me dînent qu'il fanl encore ajouter : une certaine fierté. Je n'y contredis pas : mais à coup s^br ceUe flerté s'adoucit beaucoup avec l'âge, sous la bonne et gaie iufluence' du Toyer.

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INTRODDCTION Xtll

instable que la forme républicaine, un gouvernement dans lequel le pouvoir suprême, constitué sur des bases héréditaires, tût mis & l'abri des crises et placé au-dessus des vicissitudes électorales. Quelle qu'ait été sur ce point ma conviction intime, elle ne m'a jamais empêché de respecter les lois de mon pays. Indépendant par position et par caractère, mais étranger à tout esprit d'opposition systématique, je me suis fait un devoir de soutenir, sans leur rien demander, tous les gouvernements qui ont assuré une protection sufSsante aux idées conservatrices.

€. Avec de telles habitudes, je ne pouvais hésiter sur la conduite à suivre lorsque la constitution républicaine du 25 février a été adoptée. J'ai dit immédiatement, j'ai écrit, j'ai fait imprimer qu'à mes yeux elle émanait d'une autorité souveraine, et qu'elle s'imposait ft tous les bons citoyens... »

II ajoutait plus loin :

« Je suis moins soucieux de prouver ma sincérité & mes ennemis politiques que de donner un conseil utile & mes amis. Nous n'avons, croyez-moi, d'autre ressource que de nous unir tous sur le terrain constitutionnel loyalement accepté, pour tirer le meilleur parti possible de la fonne gouvernementale que la loi et les circonstances nous imposent. Ne reculons pas devant le mot, pas plus que devant la chose. Soyons répubUcains par devoir, par raison. Nous y trouverons ce premier avantage d'oublier les nuances qui nous divisent, et, détournant les regards d'un passé devenu impossible, nous les tournerons tous ensemble vers l'avenir. >

Enfin, s'expliquant sur ce mot de conservateur, que lui disputaient déjà des esprits plus avancés, il disait :

< Nos adversaires ont imaginé, depuis quelque temps, de s'alTubler de ce titre de conservateurs, qu'Us repoussaient naguère comme un objet de risée. Sous prétexte qu'ils veulent conserver la République, ils se proclament conservateurs. A ce titre, les intransigeants de l'extrême gauche, les apètres des doctrines socialistes conmie H. Louis Blanc ou même les sectateurs de la Commune, seraient autorisés à se dire conservateurs, puisque, eux aussi, ils sont répubUcains et veulent conserver la République.

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