‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 86 sur 126 · Bût. da règne de Louis XVI, t. 11, p. 19S · texte numérisé non relu

Bût. da règne de Louis XVI, t. 11, p. 19S

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saient craindre des désordres encore plus graves. Un instant, la nouvelle de la rentrée de Necker au contrôle général parut avoir calmé les esprits, qui en exagéraient la portée; puis la nouvelle des mesures prises dès le lendemain contre l'Assemblée nationale, en dissipant les dernières illusions, avait ramené l'effervescence. « La situation, dit Michelet, était étrange, véritablement provisoire. L'Assemblée n'avait pas obéi, mais le roi n'avait rien révoqué. Le roi avait rappelé Necker; mais il tenait l'Assemblée prisonnière au milieu de ses troupes. Il avait exclu le public des séances.... L'Assemblée réclama faiblement, mollement. La résistance du 23 semblait avoir épuisé ses forces, Paris ne mollit pas de même.... Le 24, la fermentation fut terrible. Elle éclate leJ25, de trois manières à la fois, « par les électeurs, par la foule, par les soldats *. Par les électeurs, qui se rassemblent sans droit, sans autorisation, qui votent des adresses à l'Assemblée et qui les envoient porter en députation. — Par les clubs du Palais-Royal, qui s'empressent d'imiter les électeurs et qui, comme eux, envoient une députation à Versailles. — Enfin, par les gardes françaises, qui sortent de leur caserne, malgré la consigne qui les y retenait, et qui vieunent publiquement fraterniser avec les clubs du Palais-Royal. Le 26, quand l'Assemblée nationale connut l'arrivée des deux députations parisiennes, elle hésita d'abord à les recevoir. Elle ne s'aveuglait pas sur les inconvénients de démarches aussi irrégulières. Mais la situation où l'avaient placée ses adversaires ne lui permettait pas de se montrer trop scrupuleuse. « Quelque opinion, dit Bailly ', que l'on pût avoir sur la légitimité et l'opportunité de ces mouvements, il ne fallait pas, dans «es commencements, les mettre contre soi; et, quel-

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