‹ La chute de l'empire de RabahChapitre 14 sur 101 · SUR LA TOMI, PASSAGE D UN RAPIDE · texte numérisé non relu

SUR LA TOMI, PASSAGE D UN RAPIDE

commodités pour la création d'un poste. Les indigènes, qui nous avaient suivis pendant notre montée, se rapprochent de nous, ils ne manifestent aucune crainte. Ce sont encore des N'dis, et les deux chefs G'Bongo et Krebedjé qui viennent me voir m'assurent de leurs bonnes dispositions. D'ailleurs ils connaissent Maistre qui a séjourné chez eux, leur village est indiqué sur la carte de ce voyageur sous les noms de Diougoumara et de Gor. Ils m'avouèrent n'avoir pas voulu dire leur véritable nom aux Européens qui nous avaient précédés, sans m'en donner la raison. A quoi bon d'ailleurs insister, l'essentiel est que nous nous entendions.

J'obtiens de Krebedjé et de G'Bongo qu'ils m'accompagneront à notre camp, et nous redescendons la rivière. Un premier point était acquis. J'avais la certitude que nos convois pourraient être faits sans difficulté entre Ouadda et le village de Krebedjé, c'est-à-dire que nous pouvions nous rapprocher de

L'EMPIRE DE RABAIÎ.

près de cent kilomètres du but. Il y avait par suite lieu de s'établir définitivement à Krebedjé et de faire diriger sur ce point tout notre matériel.

Huntzbtichler s'en retourna donc à Ouadda pour réunir les pirogues nécessaires, pendant que je me préoccupais de trouver des porteurs pour déménager notre camp et occuper le point que j'avais reconnu.

Krebedjé et G'Bongo, qui s'étaient rendu compte du profit qu'ils pourraient retirer du fait de notre présence chez eux, réunirent très rapidement les hommes nécessaires et, en quelques jours, nous étions installés. Le 2 mars, nous commençons le poste : une maison d'habitation en pierre et en torchis, un magasin en pisé s'élèvent, un camp pour nos hommes se construit. En un mois et demi, nous étions tous logés. Peu à peu les convois montaient, nos colis s'entassaient dans le magasin, les pièces du vapeur méthodiquement rangées et numérotées étaient au grand complet sous un hangar.

Huntzbtichler me rejoignait en avril ; mais, surmené par les fatigues que nous endurions tous, malgré son robuste tempérament, il tomba bientôt atteint d'une fièvre bilieuse hématurique. Je le soignai du mieux que je pus, et au bout de quelques jours, il était hors dedanger,mais si affaibli, qu'il lui était impossible de faire quoi que ce soit. Un long repos lui était donc nécessaire, aussi décidai-je de le laisser au poste de Krebedjé pendant que j'irais reconnaître la route au Nord. Un chef N'di, nommé Ernago, qui habitait à une vingtaine de kilomètres du poste, se présenta à moi et voulut bien consentir à nous servir de guide.

Nous nous mettons en route le 15 avril, en suivant une piste assez bien frayée. A une heure de notre point de départ, nous devons traverser la Tomi, large de vingt mètres encore, sur un pont de lianes.

Le paysage est monotone ; de vastes espaces couverts d'herbes ; des arbres nombreux, mais clairsemés.

Nous avons cette fois complètement abandonné la région des grandes forêts. On ne trouve plus d'arbres élevés que le long

ERNAGO.

Page 1