‹ La chute de l'empire de RabahChapitre 55 sur 101 · VILLAGE NYELLIM PRES DU BAHR-SARA · texte numérisé non relu

VILLAGE NYELLIM PRES DU BAHR-SARA

Au soir, on se décide à camper sur une colline qu'on aperçoit à quelque distance. Mais, entre cette colline et le point où l'on était arrêté, il y a une rivière profonde. On est obligé de transborder tout le personnel avec le chaland. Quelle besogne ! A deux heures du matin seulement elle est terminée.

Le quatrième jour, on se perd de nouveau pendant toute la journée; mais, vers quatre heures, nos hommes débouchent malgré tout sur la rive. A quelques kilomètres de là se dressent les collines de Togbao ; on les voit dominant la plaine, et involontairement chacun songe au terrible drame qui s'est déroulé là trois mois plus tôt. Si Rabah a eu la précaution de les occuper, il en coûtera bon pour franchir le défilé. On va s'en assurer. Je prends à bord la compagnie de Gointet et nous nous dirigeons vers le point d'atterrissage. Il n'y a heureusement aucun ennemi. Le défilé est occupé par nous et à huit heures du soir les deux autres compagnies rejoignent.

L'EMPIRE DE RABAI1

MONTAGNE DE NYELLIM DEVANT TOGBAO, OÙ SE PASSA LE COMBAT DUMOIS DAOUT 1S99.

Nous voilà donc à une vingtaine de kilomètres de notre ennemi. C'est là que sont tombés les nôtres. On allume des torches et à leur lueur on va reconnaître le terrain. Le tata occupé par les Baguirmiens, lors de la journée de Togbao, est encore en bon état. Gà et là, des ossements et des squelettes blanchis reposent sur le sol. Quelques étuis de cartouches, quelques mallettes en bois cassées, les rigoles creusées autour des tentes, c'est tout ce qui reste pour témoigner qu'une bataille a eu lieu en cet endroit.

On me dit que les Nyellims et leur chef Togbao sont dans leur village, mais ils ne se décident pas à venir. J'avoue que cette attitude me surprend. Togbao est l'ennemi de Gaye, qui est l'ami de Rabah ; il devrait donc être pour nous, d'autant qu'il me connaît et qu'un de ses hommes est remonté avec moi au Gribinguien 1897. Je lui ai même fait cadeau d'un fusil à piston.

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