‹ La chute de l'empire de RabahChapitre 66 sur 101 · LE LIEUTENANT MARTIN · texte numérisé non relu

LE LIEUTENANT MARTIN

après le combat, juste le temps qu'il lui avait fallu pour radouber quelques mauvaises pirogues, afin d'y embarquer ses nombreux blessés et de les renvoyer sous escorte par le fleuve. Sa colonne principale effectuait sa retraite sur Logone et Dikoa par le Bahr-Erguig, pour s'y ravitailler.

L'arrivée des Baguirmiens avait permis de

retrouver à Togbao les corps des Européens qui y étaient morts. Sur leurs indications, on put les identifier d'une façon certaine et leur donner une sépulture décente à Fort-Archam bault.

Ainsi donc, tout avait marcbé aussi bien qu'on pouvait le souhaiter, en ce qui nous concernait; la bataille de Kouno, livrée pour nous débarrasser de Rabah, avait produit le résultat attendu. Nous étions les maîtres du fleuve et rien ne s'opposait à notre marche, sinon la perspective d'une lutte avec la mission Voulet.

Grâce à l'initiative du Commissaire général, nous allions être en très bonne posture de défense, mais l'éventualité d'une marche en avant restait toujours douteuse, d'autant que les dernières dépêches du Gouvernement, non encore au courant du combat de Kouno, mais toujours sous l'impression du massacre de Bre-

tonnet et du drame de Zinder, s'y opposaient d'une façon formelle.

Il fut convenu entre M. de Lamothe et moi que, en principe,

je me cantonnerais vers le 10e degré et que, dès que je pourrais avoir des nouvelles delà mission Foureau-Lamy, nous marcherions à sa rencontre.

Nous nous séparâmes ensuite et je regagnai le poste du Gribingui.

Tous mes renforls étaient arrivés ou étaient en route. Je commençais à renaître enfin à l'espérance, quand, au cours de mon voyage, pendant que je déjeunais, un courrier me croise et me remet des lettres urgentes.

J'en prends rapidement connaissance. Quelle joie pour moi ! C'était l'annonce de l'arrivée à Sada,près de Fort-Archambault, à la date du 13 janvier, du lieutenant Meynier qu'on croyait mort avec le colonel Klobb.

Cet officier était porteur d'une lettre du lieutenant Joalland annonçant les événements suivants :

Le 14 juillet 1899, le capitaine Voulet, commandant l'arrière-garde de sa colonne, était rejoint non loin de Zinder, à l'Ouest du Tchad, par le colonel Klobb et le lieutenant Meynier. Voulet donna l'ordre de tirer sur eux. Le colonel était tué, Meynier blessé à la cuisse. Puis Voulet rejoignait son avantgarde et mettait les Européens de sa colonne au courant de ce •qu'il venait de faire.

Après quoi, ayant persuadé aux tirailleurs que les torts étaient

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