TRISTES NOUVELLES
msm
KOUNO EN FLAMMES, VUE PRISE DU Léon-Blot.
jonction entre les deux missions, but de nos rêves, aurait pour résultat, si elle s'accomplissait, une mêlée affreuse entre Français ! Ah! quelles heures tristes j'ai passées à ce moment-là ! Quoi, il s'était trouvé un officier capable de commettre un tel crime! C'était effroyable, en vérité. Quelles seraient les conséquences de cette horrible action? Bien difficiles à préjuger. Quelle conduite tenir? Pendant deux jours je réfléchis longuement à la situation, et, comme il vaut mieux prévoir le pire, j'envisageai froidement l'hypothèse où nous aurions à combattre nos compatriotes révoltés.
Cela n'aurait pas été une petite affaire, car ils étaient bien nombreux: ils avaient six cents fusils au moins, et ils n'avaient plus rien à perdre...
De notre côté, en tenant compte des blessés qui, guéris, pourraient reprendre du service, nous avions à peine deux cent soixante-dix hommes capables de tirer un coup de fusil.
C'était insuffisant. Il nous fallait des renforts à tout prix.
Tout ce que je pus faire sur le moment fut d'envoyer vingtquatre hommes à Robillot par le vapeur qui restait à sa disposition. Il se trouvait donc à la tête d'un peu moins de trois cents hommes. Je le mis au courant de l'affaire Youlet et lui interdis absolument tout mouvement en avant. Pour moi, apprenant l'arrivée prochaine du Commissaire général, M. de Lamothe, à Bangui, je me résolus à aller le rejoindre pour conférer avec lui de la situation.
J'arrivai à Bangui lé 10 décembre, étant parti du Gribingui le 1er. M. de Lamothe s'y trouvait. Très ému par l'annonce du massacre de Bretonnet, il s'était décidé à remonter le fleuve pour avoir plus tôt des nouvelles. Il avait eu heureusement la bonne pensée d'amener avec lui une trentaine d'hommes, un capitaine d'artillerie, M. Bunoust, deux lieutenants, MM. Larrouy et Martin, et le maréchal des logis Papin. Ce personnel, qui faisait partie de la mission topographique du commandant Gendron, fut réquisitionné d'urgence et mis à ma disposition.
Les postes de Bangui et de Mobaye étaient invités à nous fournir trente hommes et le commandant des troupes du Haut Oubangui avait l'ordre de constituer un détachement de tirailleurs réguliers de soixante-dix hommes et de les envoyer au Chari sous le commandement d'un lieutenant.
LE CAPITAINE BUNOUST.
JONCTION AVEC GAOURANG
Pendant que s'effectuait la concentration, je recevais une lettre du capitaine Robillot m'annonçant que Gaourang avait fait sa jonction avec lui à Fort-Archambault, que Rabah avait évacué Kouno quelques jours