‹ La chute de la royauté 10 août 1792Chapitre 31 sur 35 · LE BATAILLON DES FILLES-SAINT-TUOMAS · texte numérisé non relu

LE BATAILLON DES FILLES-SAINT-TUOMAS

( Voir pages 42 et 14"7. )

Le bataillon des Filles-Saint-Thomas s*est rendu si célèbre au commencement de la révolution, ses officiers ont eu, pour la plupart, une fin si mallieureiise, que nous croyons devoir consacrer une notice spéciale à la mémoire de ces fidèles défenseurs de la cause constitutionnelle.

Le bataillon des Filles-Saint-Thomas était le second de la deuxième légion. 11 était composé de cinq cents hommes environ, divisés en neuf compagnies. Le banquier l'assîn de l'Estang en était le commandant en premier, Boscary de Villeplaine, agent de change, le commandant en second. La compagnie des grenadiers eut pour chef, jusqu'au 1®' mai 1792, Picquet, qui devint à cette époque aide de camp de La Fayette et ensuite d'Arthur Dîllon.

D'après le contrôle du 21 mai 1792, que nous avons retrouvé, la compagnie de grenadiers avait un eiïectif de cinquante-sept hommes, y compris les oiliciers et sousofficiers.

m LE 10 AOUT 1702.

La plupart des officiers et soldats du batailloo demeuraient dans la circonscription de la section de la Bibliothèque. Après le 10 août 1792, cette section subit naturellement le joug de la minorité démagogique qu'elle renfermait, et nomma des commissaires-enquêteurs u à Teffet de recevoir, prendre des renseignements et faire les recherches nécessaires relativement à révénement du 10 de ce mois au château des Tuileries. »

 la suite de cette enquête. Je jury d'accusation, institué près le tribunal du 17 août, fut saisi d'un commencement de procédure intentée contre les deux commandants, Tassin et Boscary. La section de la Bibliothèque fut obligée de reconnaître qu'après la levée des scellés qu'elle avait apposés sur les papiers du commandant Boscary, elle n*avait rien trouvé de suspect chez lui.

Sur le rapport de Fouquier-Tinville, qui faisait alors ses débuts dans le régime des tribunaux exceptionnels et qui y montrait autant de modération que plus tard il déploya de cruauté, le jury déclara, le 5 octobre 1792, qu'il n'existait contre Boscary ni trace ni vestige de délit contre la sûreté générale. Un jugement identique, rendu sur le rapport du même Fouquier-Tinville, renvoya paiement, le 28 octobre, Tassin justifié de toute prévention.

Mais, dix-huit mois après, sur les ordres du comité de salut public, cette affaire fut reprise. Fouquier-Tinville, iidèle aux instructions secrètes du terrible comité, dressa un nouvel acte d'accusation, modèle de mensonge et d'impudence. On y faisait un crime aux accusés « d'avoir assisté au repas des Champs -Élysées, où des patriotes

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avaient été vexés S d'avoir assisté le tyrao Capet dans

ses projets de vengeance contre le peuple, le 17 juillet 1791, au Champ de Mars, et le 10 août 1792, aux Tuileries. »

Boscary réussit à se dérober aux poursuites, mais Tassia ne fut pas aussi heureux. I] fut arrêté par les soins de la section Guillaume Tell (autrefois du Mail). £n vain invoqua-t-il en sa faveur le bénéfice de la chose jugée; les colères révolutionnaires de plus en plus violentes avaient éteint toute pitié dans le cœur des jurés comme toute justice dans le cœur des juges. Tassin de l'Ëstang, son frère, qui avait été oflQcîer municipal de 1790 au 10 août 1792, et onze autres accusés, furent avec lui traduits devant le tribunal révolutionnaire, le U floréal an n (S mai 179ii).

Les onze autres étaient :

1^ Wenmaring, capitaine des grenadiers, chef de bureau du comité des banquiers et agents de change;

2^ Picquet, aide de camp de Diilon et de La Fayette, et auparavant capitaine des grenadiers;

Àngibaut, grenadier et traiteur, rue Vivienne; Parisot, grenadier et commissaire à la comptabilité ;

Dangest, ancien mousquetaire, ancien chevalier de

Saint-Louis, fabricant de papiers et grenadier;

1. Duhamel, officier du bataiUon des Fines-Saînt-Thomas, avait été tué, douze autres offiders et soldats avaient été blessés plus ou moins grièvement; les agresseurs, les fédérés Marseillais, n^avaient pas reçu une seule égratignure. Voilà comment les soi-disant patriotes avaient été vexés lors du fameux banquet des Champs- Élysées. (Voir page 43.)

ô"* Rougçmont, directeur de la comptabilité des Loteries et grenadier;

7** Deschamps -Tréfontaine, grenadier, sous-chef de comptabilité des droits d'enregistrement;

8® Maulgue, architecte et capitaine d'une des compagnies du centre ;

9^ Laurent, sous-lieutenant et vitrier;

iQo Bérard, négociant et armateur, capitaine de la troisième compagnie du centre, et, après le 10 août, commandant de la section armée de la Bibliothèque ;

11** Ferrée, ci-devant agent de change, commandant du bataillon des Petits-Pères.

Cette espèce de machine, qu'on appelait le jury du tribunal révolutionnaire, et que Fouquier-Tinville et Dumas faisaient mouvoir à leur guise, les déclara tous les treize convaincus u d'avoir participé au complot qui a existé entre Gapet, sa femme et les ennemis de la République, tendant à allumer la guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres, en portant atteinte à la liberté du peuple, et dont les suites ont coûté la vie à un grand nombre de citoyens, au Champ de Mars,le 17 juillet 1791, et dans la journée du 10 août 1702. »

Ils furent condamnés à mort et exécutés le jour même de leur condamnation. Un quatorzième accusé, Salleneuve, qui avait été -officier dans le bataillon des Filles- Saiiit-Thomas, mais avait quitté, avant 1794, la section de la Bibliothèque, fut renvoyé de l'accusation. Pour faire croire à son impartialité, le tribunal révolutionnaire acquittait généralement un ou deux accusés par fournée.

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