‹ La chute de la royauté 10 août 1792Chapitre 30 sur 35 · WESTERMANN · texte numérisé non relu

WESTERMANN

L'un des chefs de Vinsurrection du iù août.

Westermann, né à Molslieim (Alsace), en 1764, avait figuré, en 1788, dans des émeutes à Haguenau. Venu à Paris pour y cbercher fortune, il se lia d'amitié avec Danton, devint un des admirateurs les plus enthousiastes de Pétion, fut, après le 10 août, nommé couiinissairu du nouveau pouvoir exécutif, puis adjudant général à l'armée des Ardennes, le l/i septembre 1792, et général de brigade, le 15 mai 1793. Plusieurs fois accusé de malversations et de vols considérables commis aux Tuileries, lors

m LE 10 AOUT 1702.

du sac de ce palais, il put, grâce à la protection de Danton, se soustraire à des poursuites judiciaires. Mais, plus tard« cette protection lui devint funeste ; il fut arrêté en germinal an n, compris dans le procès fait au célèbre tribun et à ses amis. Traduit au tribunal révolutionnaire, il fut guillotiné, le 16 germinal an n (5 avril 1794).

LEFRANG,

Vm des chefs de l'insurrection du iO août.

Lefranc était architecte et ne joua qu'un rôle assez obscur pendant la tourmente révolutionnaire ; mais, en 1796, il fut compris dans la conspiration de Babœuf, puis, en 1800, dans le complot de Ceracchi contre la vie du premier consul. Il fut transporté , à la suite de raffaire de la machine infernale, avec un certain nombre d'anciens septembriseurs, aux lies Séchelles, puis à File d'Anjouan. La plus grande partie de ses compagnons périrent au milieu des plus atroces douleurs ; mais Lefranc échappa à travers mille dangers, tomba entre les mains des Anglais, resta, un an ou deux, captif sur les fameux pouions de la Tamise, et revint en France grâce à un échange de prisonniers. Pendant tout le reste de l'Empire, il fut interné et placé sous la surveillance de la haute police. En 1816, peu de temps après le retour des Bourbons, il fut impliqué dans une conspiration dite de l'épingle noire ^ condamné à la déportation par arrêt de la cour d'assises de la Seine et transféré, le 19 novembre suivant, au mont SaintrMichel; il fut gracié en sep-

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tembre 1819. Ici nous perdons les traces de ce conspirateur émérite, qui était alors âgé de soixante ans. 11 est mort dans la plos complète obscurité,

PALLOy ,

L'architecte patriote.

Jean-Pierre-François Palloy, que l'Assemblée législative avait chargé, le 10 août au soir, de surveiller l'estiûctioa de l'inceudie des Tuileries , avait déjà reçu de TÂssemblée constituante la mission de présider à la dé» molition de la Bastille. L'entreprise de 1789 lui avait rapporté un assez beau revenu, car il avait su transformer en médailles commémora tives les chaînes trouvées dans les cachots ; il avait su vendre très-cher aux quatre-vingt-trois départements, aux députés, aux ministres, au roi lui-môme, quelques pierres métamorphosées en petits modèles de l'ancienne prison, en bustes de Jean-Jacques, de Mirabeau, de La Fayette, etc.

Palloy espérait tirer des Tuileries le même profit que de la Bastille. Mais le ministre de l'intérieur Roland s'aperçut qu'il démolissait trop, refusa de solder les comptes exagérés qu'il présentait, et enfin le dénonça à la Ck)nvention. L'architecte patriote n'attendit point le résultat de l'enquête ordonnée contre lui. 11 interrompit brusquement ses travaux par trop révolutionnaires, et partit pour l'armée avec ses ouvriers, s'instituant chef du « Bataillon de la république. » Arrivé à Épemay, il réunit sa troupe, la passa en revue, et lui débita une longue harangue

contre Roland et sa femme. C'était sa manière de répondre aux trop justes accusations du ministre de Tintéricur.

Le discours d^ Palloy nous est tombé entre les mains. Iiiiprimu, il ne forme pas moins de soixante-douze pages in-k^ ; il contient un récit éminemment fantaisiste de rinsurrection parisienne, et des chiffres hyperboliques comme ceux-ci : — Les ennemis de la liberté, présents à Paris en août 1792, étaient au nombre de 233,800, et les insurgés qui les écrasèrent étaient dix fois moins nombreux î — Dans un autre passage se trouve cette phrase : — u Ce sont les sans-culottes, la crapule et la canaille de Paris, et je me fais honneur d'être de cette classe, qui ont vaincu les soi-disant honnêtes gens. »

Quelques jours plus tard, Palloy et sa bande se rendaient coupables, à Rethel, du massacre de quatre malheureux déserteurs réputés émigrés. Dumouriez ayant ordonné la sévère punition des coupables, le bataillon républicain fut désarmé et les <c apôtres de Palloy», ainsi appelait-il ses complices, emprisonnés et traduits devant un conseil de guerre. Mais Marat prit en main la cause de ces assassins, et la Convention, cédant aux menaces de VAmi du peuple, ne tarda pas à les décharger de toute poursuite. Alors Palloy, qui s'était caché, reparut, pour disparaître encore peu après, en 179&, évitant de répondre à une accusation de malversation, comme il avait évité de répondre à une accusation de meurtre.

Ayant eu le bonheur d'échapper à la guillotine durant là Terreur, il vécut dans la plus profonde obscurité jus-

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LE 10 AOUT 1793. m

qa*en 1812. Alors, d'architecte qu'il était, il ressuscita poète de cour; il publia un chant pour l'anniversaire du roi de Rome. En 1819, descendu des hauteurs du Parnasse, il adressa à la Chambre des députés une trèshumble pétition en prose, dont le motif était de réclamer la livraison d'un terrain qu'il prétendait lui avoir été concédé sur les ruines de la Bastille, par la loi du 27 juin 1792. Sa dernière palinodie date de 1834; il déposa aux pieds du trône deux pièces de vers, Tune intitulée : Hommage el remerciement à la reine des Français , l'autre ; Acte de foi et hommages réitérés à Louis -Philippe Il mourut à Sceaux, le 19 janvier 1835.

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