ACTE I
J’ai fait venir Saga, qui reste au Janicule.
Cette femme, dit-on , d’un œil clair et certain. Déchiffre l’avenir au livre du destin.
Qu’a- t-elle pu vous dire?
LIVIE
Elle a dit que mon songe Cachait la vérité , bien plus que le mensonge ;
Elle a dit qu’un malheur pesait sur ma maison;
Qne ce malheur viendrait par une trahison ;
Enfin qu’Apicata, sous la garde d’un homme,
Etait ou de\ait être à ceite heure dans Rome.
SÉJAN , à part.
Avec la vérité quel rapport surprenant !
LIVIE
Vous êtes, comme moi, tout ému maintenant ?
SÉJAN
fimu ?... moi?... je serais préoccupé d’un rêve Qu’une vapeur apporte et qu’un rayon enlève ?
LIVIE
Vous espérez cacher sous ce rire moqueur La sourde émotion qui vous monte du cœur ;
Et, sans songer qu’ici c’est moi qui vous écoute.
Vous vous faites plus fort pour mieux feindre sans doute. Tenez, laissons cela. Souvent l’on se repent D’approfondir un fait dont l’avenir dépend.