ACTE IL
Nous devons profiter du peu de temps qui reste.
APICATA.
J’avais trop cru de moi, quand je vous ai promis D’accepter ce départ avec uu cœur soumis
GALLES
Quoi donc ?
APICATA.
Pour mes deux fils, aiusi que pour ma fille.
Je suis encor, Gallus, la mère de famille.
Je demande à les voir. Je ne veux pas qu’un jour,
On m’impute d’avoir dédaigné leur amour ;
Qu’on dise que mon cœur, sûr de mon indulgence. Avec ce prompt départ était d’intelligence.
GALLUS
Séjan s’est prononcé, son ordre est absolu.
APICATA.
Non, Seigneur ; non, Séjan ne l’a point résolu.
Daus l’accomplissement de cet ordre sévère.
Il aura vu l’épouse et n’a point vu la mère.
Je le connais... enfin, voyez-le de ma part.
Je suis prête à partir s’il blâme mon retard.
Seulement, dites-lui que, durant huit années.
Acceptant le fardeau des plaintes résignées,
Mes pleurs, que j’aie ou non douté de leur pouvoir. Pour moi seule ont laissé parler leur désespoir.
Afin qu’aucun hasard, de ma douleur complice.
Ne portât jusqu’à lui ma voix accusatrice.
Dites que pour ne pas l’assiéger par mes cris.
J’ai mis ma patience à calmer mes esprits ;