ACTE III
GALLUS, i moitié ivre.
C’est l’ombre, le mystère,
Où tout vient se briser ;
C’est l’oubli de la terre Dans l’oubli d’un baiser I
A boire !
(Led’bacchantes font le tour de la table. Ancus entre.) ANCUS, bas à Séjan.
Àpicata veut vous parler Seigneur.
Elle part, mais de vous elle attend ce bonheur, D'avoir dans son exil sa fille Orestillie.
SÉJAN
Dis-lui de revenir. Enfin je l’en supplie.
GALLUS
Voici le jour ! A boire à plein bord !
(A Séjan.)
• Cette fois.
C’est à ton avenir d’empereur que je bois !
TOUS
A boire !
* SÉJAN, à part.
Ceci vient à propos.
(A Valérius.)
A Caprée,
Voilà deux ans, ta sœur mourut déshonorée.
VALÉRIUS, se levant vivement ets’éloignant de la table.
Pourquoi ce souvenir?... Ah! calcul ou hasard. Tu vietis de réveiller ma haine pour César.
SÊJAN, à Julius Aulius et à son frère.
Votre père y mourut étranglé.
(A Fulcinius.)
Toi, ton frère.
(A Gallus.)
Toi, ton fils, noble enfant qu’idolâtrait sa mère I FULCINIUS.
Malheur !
ANTIUS.
Malheur I
JULIUS
Malheur !
(Tout le monde se lève.) SÊJAN.
Ces indigne.^ forfaits,
Je m’en veux séparer par d’éclatants bienfaits.
(A Fulcinius.)
Je te fais proconsul d’Espagne.
(A .Aniius.)
La curie
Compte un père de plus.
(A Julius.)
Toi, tu par» en Syrie :
Le titre de questeur vaut encor mieux que rien. (A Gallus.)
Je te confie à toi le camp prétorien :
Seize mille soldats. Ce jour est jour d’aubaines! (A Valèrius.)
Tu deviens commandant des cohortes urbaines.
Songe qu’avec Gallus, dans un momei t donne.
Vous tenez dans vos mains l’empire dominé.