ACTE IV
» Tibère -César demande pour Séjan la puissance tribu- » liitiennc. »
l’un DLS LICTEURS, à Orciis.
Écoute ..
ORCDS.
C’est l’édit.
LA VOIX, se rapprochnnt.
« Nous Méménius Régulus et Fiilcinius Trion, con- » suis, prions les sénateurs à cetie heure à Rome, de se » rendre aujourd’hui, 15 des calendes de novembre, au » temple d’Apollon-Palatin. Le sénat s’y assemblera. » Tibère-César demande pour Séjan la puissance Iribu- » nitienne. » . ■
LIVIE, à part.
O Jupiter, dieu grand ,
Dont la haine a tenu Pruraéthée expirant,
Vou», dieux d’en bas, et vous, redoutables furies.
Qui soufflez la colère en nos âmes aigries ,
Et toi, pâle Erennys, déesse aux pieds d’airain.
Dont j’ai suivi la marche et l’ordre souverain ,
Vous tous, qui dominez ma sombre intelligence.
Faites que jusqu’au bout je suive ma vengeance.
Que mon cœur s’alTermissc en ce rude chemin ,
Où vous m’avez poussée un glaive dans la main !
ORGÜS, bas aux licU'Uj^.
Vous m’avez entendu. Ne sortez pas ensemble.
C’est ici , vous voyez , que le Sénat s’assemble.
(Leur montrant un parclierniii revè u du sceau de Tibî're.)
Du reste, vous pouvez obéir sans terreur ;
Je ne parle et n’agis qu’au non de l'empereur.
(Les licteurs s’inclineni re.speciueiisemenl et sortent. A Livie.)
La bague?
LA CHUTE DE SIüAN.
LlVlu» Elle lui remet la bague d'Apicata.
Sois prudent : elle est empoisonnée.
ANf;us.
Ce n’est pas à Séjan que tu l’as destinée.’
livie.
A sa femme !
ORCL'S.
Fort bien.
LIVIE
Mais il est entendu ,
La pitié pénétrant mon esprit éperdu ,
Si je ne te dis rien, que cette femme est libre?
ORCUS
Oui.
LIVIE
Que tu jetteras cet anneau dans le Tibre ? .
ORCUS
Oui.
Bien, tu peux agir.
(Au dehors : Vive Séjan 1 vire Ælius Séjan !)
ORCUS
Voici Séjan ; suis-moi I
(Ils sortent. S'-jaii entre par la porte latérale de droite, entouré d’une foule desénateurs.)