ACTE IV
ORCOS.
«J’aurais cependant désiré une amitié moins farou- » cbe. Il a défendu le principat, mais en fauchant dans » ma famille comme dans un champ d’ivraie. (On regarde » Séjan avec indignation. ) On dira peut-être que ce » zèle fanatique cache une ambition effrénée. On citera » les forces prétoriennes qu’il a usurpées ; les factions
• formées parmi le peuple et dans le sénat ; enfin le ■ conseil qu’il m’a donné d’éviter Rome comme une
• ennemie ! [Mouvement prolongé; on menace S^an du » geste.) C’est à vous de prononcer. Si vous m’en laissez
• le juge, j’atteste ici le ciel que je crois m’êire trompé > dans mon choix, et que Séjan a outragé les dieuxl »
SÊJAN.
La lettre est supposée !...
Je m’en vais le prouver!. .. et la chose est aisée !. ..
C’est une trahison !... J’en appelle à César!
MÊMÊNIUS.
Ce n’est pas tout , sieds-loi, tu répondras plus tard. SÊJAN, à ses partisans.
C’est une trahison, n’est-il pas vrai, vous autres?
Visible pour des yeux moins fermes que les vôtres ?. . . Expliquez-vous, parlez, vous pensez comme moi. . . Parlez, mais parlez donc !
FÜLCINIÜS.
Sieds-toi! Séjan, sieds-toil OBCIJS, continuant.
« Vous devez me comprendre. Le temple où vous déli-
» bérez, est cerné par mes gardes urbaines; les pré- » toriens sont enfermés dans leur camp ; mes émissaires M sont partout; ainsi vous pouvez agir. Agissez donc! » L’homme que j’accuse aujourd'hui, a non seulement » trahi l’état, mais il n’est pas étranger à la mort de mon » fils Juniüs Drusus. Signé : Tibère. »
SÉJAN
Vraie ou fausse, de vous ou bien de votre maître ,
Celte accusation n’est que l’œuvre d’un traître.
Oui, d’un traître! Accusez! mais les preuves en main! Ces preuves, je les veux ; je sois libre et Romain I Eh quoi ! vous vous taisez ?
LIVIE apparaissant.
Leur silence t’abuse :
La preuve, la voilà, car c’est moi qui t’accuse.