‹ La CigaleChapitre 117 sur 151 · I. — LES CAMELLES · texte numérisé non relu

I. — LES CAMELLES

La plaine immense fuit courant vers l'horizon, Torride sous l'ardeur du jour caniculaire; Les monts voisins sont bleus comme la mer, ils ont Les pieds dans l'eau, le front dans une vapeur claire.

Au beau milieu du jour, au fort de la saison, Les étangs, blancs miroirs qu'un sel d'argent éclaire, Pour se venger du ciel, semblent par trahison Là-haut lui renvoyer ses feux avec colère.

Tout reluit, tout scintille et tout brùlc, hors vous. Essaim laborieux de filles à l'œil doux. Qui, robustes, errez de camelle en camelle.

Et que j'aurais souci de votre dur destin.

Filles de mon pays si cher et si lointain,

Si l'air était moins pur et la plage moins belle!

(Traduit par PAUL FERRIER).

H. — L'OULIVADO

Mai quand soun arrivado Li frcsquis ôulivados

(Ausèume Mathieu).

Sun proche la Toussant : la rispo cnfcrounado Doù mistrau a déjà despampa piano et mount; Das aubres gingnulant la darrièiro ramado Fugis revoulunant. Pamens, aperamount,

L'oulivedo, maugrat laurasso esfoulissado, Oiimbrejo lieramen au Ro de Sustancioun, F'ieramcn, coumo dèu, car es tèms d'oulivado, Es l'ouro ount vai raja l'aigo d'or, soun sang blound.

Coumo plou lou fru brun dins las canasteletos, E coumo bravamen acanou, las drouletos, En risènt, en cantant, en calignant amai!

O nouvèmbre ! bourrèl despietous de l'autouno,

Nous baies loli lin s'espalanques la touno,

E, per aco, icu t'aime autant qu'un mes de mai.

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