‹ La CigaleChapitre 131 sur 151 · Vocable de la cathédrale d'Arles · texte numérisé non relu

Vocable de la cathédrale d'Arles

Rome dans Avignon ; — et de toute noble fête — j'ai été le compagnon.

Mais tout passe et tout fatigue; — enthousiasme devient ennui; — à la nuit le jour fait place; — tel riait qui pleure aujourd'hui... — et de tout rassasié, — je m'en allai, — gueule bée comme un lézard; — vieux et triste, oui, je revins — une nuit dans le désert.

Et perdu dans la pierraille, — n'ayant plus griffes ni crocs, — à la cime des Alpilles — je vins me pétrilier... Maintenant, écoute : La Provence, — pour défense, — n'a plus d'ongles, comme moi... — et sans cesse, pourtant, elle pense à sauter sur l'échelon.

Par la ruse ou le négoce — que sèlève qui voudra; — par les armes et le tumulte — que triomphe qui pourra: — toi, Provence, trouve et chante ! — et, marquante — par la lyre ou le ciseau, — répands-leur tout ce qui enchante — et qui monte dans le ciel ! »

Et le grand lion de roche — sur lequel croît la broussaille, — où s'accroche le genièvre, — cela dit, rentra dans le silence. — Au soleil qui venait de poindre — s'irradiaient — toutes les hauteurs du ciel; — et, ravi, mon cœur songeait — à Mireille, à Calendal.

Maillane (Bouchcs-du-Rhône), 14 juillet 1877.

LOU LENGADOC

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