‹ La CigaleChapitre 24 sur 151 · LA BALLADE DES YEUX CLAIRS · texte numérisé non relu

LA BALLADE DES YEUX CLAIRS

Nuits sans rayons et matins sans aurore, Vous n'étiez pas si tristes que mon cœur, Quand il souffrait la néfaste rancœur Du regret vain qui mord et qui dévore. Le sphinx qui m'a déchiré sans merci Sait d'où me vient ce douloureux souci ! Ma vie avait l'air d'une arche fermée.

Mon ciel pleurait sous un long crêpe noir, Quand j'aperçus, tout tremblant, un beau soir, Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.

Il me sembla que je voyais éclore.

Dans le gazon, la délicate fleur

Du lin si grêle, en la pâle couleur

Du regard bleu de ces yeux que j'adore!

Alors, mon deuil voulut être adouci ;

Mon ciel parut un peu désobscurci.

La brise, dans la mobile ramée.

Chanta des airs tout imprégnés d'espoir

Quand un hasard béni m'eut laissé voir

Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.

Une lueur les baigne et les décore

Suavement. Je mourrais de douleur

Avant l'hiver, si le sort querelleur

M'interdisait de les revoir encore.

Paupières, cils soyeux, angle aminci.

Email, saphir, bleux lacs, miroirs aussi !

En vos lointains que de joie enfermée!

C'est un Eden qu'on croit apercevoir,

Tant sont doués d'un magique pouvoir

Les grands yeux clairs dont j'ai lame charmée!

ENVOI

Belle, aimez-moi ! Cette chanson rhythmée, Pour vous la dire en quelque nonchaloir. Puisse remplir d'aise et de bon vouloir Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.

SURGAM!

Je veux être brave et fier comme un roi; Et sans écouter aucun vain murmure, Je veux me forger une riche armure Faite de savoir, d'amour et de foi.

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