LA BALLADE DES YEUX CLAIRS
Nuits sans rayons et matins sans aurore, Vous n'étiez pas si tristes que mon cœur, Quand il souffrait la néfaste rancœur Du regret vain qui mord et qui dévore. Le sphinx qui m'a déchiré sans merci Sait d'où me vient ce douloureux souci ! Ma vie avait l'air d'une arche fermée.
Mon ciel pleurait sous un long crêpe noir, Quand j'aperçus, tout tremblant, un beau soir, Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.
Il me sembla que je voyais éclore.
Dans le gazon, la délicate fleur
Du lin si grêle, en la pâle couleur
Du regard bleu de ces yeux que j'adore!
Alors, mon deuil voulut être adouci ;
Mon ciel parut un peu désobscurci.
La brise, dans la mobile ramée.
Chanta des airs tout imprégnés d'espoir
Quand un hasard béni m'eut laissé voir
Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.
Une lueur les baigne et les décore
Suavement. Je mourrais de douleur
Avant l'hiver, si le sort querelleur
M'interdisait de les revoir encore.
Paupières, cils soyeux, angle aminci.
Email, saphir, bleux lacs, miroirs aussi !
En vos lointains que de joie enfermée!
C'est un Eden qu'on croit apercevoir,
Tant sont doués d'un magique pouvoir
Les grands yeux clairs dont j'ai lame charmée!
ENVOI
Belle, aimez-moi ! Cette chanson rhythmée, Pour vous la dire en quelque nonchaloir. Puisse remplir d'aise et de bon vouloir Les grands yeux clairs dont j'ai l'âme charmée.
SURGAM!
Je veux être brave et fier comme un roi; Et sans écouter aucun vain murmure, Je veux me forger une riche armure Faite de savoir, d'amour et de foi.