LA MORT DU HEROS
Sur le seuil ruiné du logis paternel Le jeune homme s'assied, anxieux et farouche ; L'écume de la haine ensanglante sa bouche; Ses yeux, de pleurs chargés, interrogent le ciel.
Un stupide hulan, lâche autant que cruel, * A, de sa jeune sœur, souillé la blanche couche : « Monstre, dit-il, à toi ma dernière cartouche : » Et le hulan s'affaisse, atteint d'un plomb mortel. •
Mais, semblable à la mer qu'aucun effort ne dompte. Le barbare troupeau des Teutons croît et monte; Les échos gémissants tremblent sous les hourras.
Cerné de toutes parts, frappé de vingt blessures, Le héros dédaigneux a croisé ses deux bras. Tel le lion se rit des ignobles morsures.