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Les statistiques officielles fournissent les chifîres totaux de deux catégories : la musulmane et la chrétienne. Mais, dans chacune des deux catégories, il entre une telle quantité de races et de sectes difîérentes que les conclusions portées ne peuvent plus être semblables après l'étude de ces dernières.
La population de Cilicie représente une véritable mosaïque de races :
A. — Musulmans.
i^ ToURANiEiNs. — Les Turcs proprement dits (Ottomans) sont peu nombreux en Cilicie. Des fonctionnaires envoyés d'Anatolie et quelques groupements dans la région de Mersine représentent seuls le pur élément touranien.
Les Mongoloïdes à l'œil bridé sont représentés par une série de groupes ethnographiques différenciés des Ottomans.
a. Turcomans. — Ce sont généralement des Turkmènes, des Turcomans parvenus en Cilicie avec les Gengiskhan et les Tamerlan. Peu sont venus de l'Asie centrale dans les récentes immigrations. Ils forment un élément pasteur et agriculteur, sédentaire dans l'Ouest, nomade dans l'Est. N'ayant que peu de relations amicales avec le reste de la population, l'élément touranien se tient à l'écart : il représente le conquérant, l'étranger.
h. Tatars. — Parmi les Tatars, les uns sont venus d'Asie centrale à la suite des randonnées mong-oles.
UEDAN 2
l8 CHAPITRE II.
La plupart sont des immigrés du Caucase et de la Crimée. Lorsque les tsars orthodoxes de Russie eurent assuré la « reconquête chrétienne » de leur empire, un grand nombre de tribus musulmanes ne voulurent pas rester sous l'autorité des « Infidèles », émigrèrent en Turquie. Tels sont les Nogaïs du caza de Djïhan. Ils se sont sédentarisés et sont devenus de puissants agriculteurs ahiés aux Tcherkesses. C'est un élément méfiant. On trouve les Tatars en plaine dans le sandjak d'Adana, en montagne entre Sis. Kars, Islahiyé et Osmanié (^).
2^ Islamisés. — La population musulmane de la Cilicie n'est pas ottomane, ni touranienne. Elle se compose d'abord d'un fonds de population islamisée par la conquête arabe aux premiers âges de l'Islam. Cette population forme le reste des Cappadociens, des Byzantins qui, jadis, eurent en Cilicie une civilisation florissante. Certains prétendent rattacher le type ethnique à la grande famille hellénique, mais il est évident que de nombreux mélanges ont eu lieu en ces réo;ions de transit mondial.
Les Islamisés, souvent opposés en politique aux Touraniens proprement dits, représentent la grande masse du parti teriicii. Ennemie des innovations révolutionnaires, cette populalion suivra toujours l'élément qui lui paraîtra le plus fort afin de pouvoir
(^) Sur les Tatars, i^oir capitaine P.-J. André, Noies infroduclwes à l'étude du Sandjak de Djehel-Berekcl. Adaua, iQiy. (Tatarg, ^urdes, Kizilbach, Tcherkesses, etc.)