PREFACE. IX
Le traité de Sèvres partage la Cilicie en deux morceaux : le plus petit reste dans la zone française et sera rattaché à la fédération syrienne; il devrait être constitué en une Petite- Arménie autonome où les réfugiés arméniens trouveraient enfin un loyer à eux. Le plus grand reste à la rurcjuie. C.ette division est absurde, mais les Français ne tiennent pas les traités pour des chifTons de papier et ils exécuteront celui-là ! Mais il n'est pas possible d'abandonner à la vengeance des Turcs les populations non turques de la (Cilicie. Le Traité nous donne le droit de veiller à la sécurité des groupements nationaux non turcs dans l'Etat ottoman. La souveraineté du Sultan sur la Cilicie sera rétablie, mais avec l'assistance de la France qui veillera à la protection des chrétiens et des musulmans non turcs et qui assurera leur sécurité.
Il est i)eu probable qu'il soit possible d'arriver à une entente avec Kemal; il doit sa fortune à sa politique hostile à toutes les influences étrangères, il est douteux qu'il abandonne l'alliance des bolcheviks pour un accord avec la France et les alliés; s'il le faisait, un autre général ne tarderait pas, sans doute, à prendre le rôle lucratif et avantageux de syndic des mécontents et de porte-drapeau du pantouranisme. Aux yeux de tous les Vieux-Turcs, il n'y a qu'un chef : le Sultan; c'est son pouvoir qu'il faut restaurer, et, s'il y a lieu de négocier avec Kcmal, il