Los biens de l'Eglise î
3. Maintenant, MélilDée, greffe tes poiriers, aligne tes cepsl
— Orabunt alii causas melius! *
Les prélats s'amusèrent discrètement des mmes vaniteuses de Monseigneur de Valence. Mgr Puig rieur, bon enfant, avait pris un air candide. Il exposait ses projets de colonisation en latin macaronique :
Certes! On allait en planter, des vignes!... On avait déjà fait venir trois cents familles maltaises, qui campaient dans des gourbis, — in gorbisiis, seu JSomadum tuguris, expliquait l'archevêque, — en attendant qu'on leur bâtît des maisons et des villages. On emploierait à cela l'argent des quêtes qui se faisaient en France pour les écoles catholiques de Tunisie.
— Quid vultis? — disait Mgr Puig, avec son air patelin, — que voulez-vous? En France ils sont ainsi :I1 faut leur parler d'écoles pour les décider... Mais imaginezvous cela ! Des écoles pour des Maltais ! Le catéchisme est bien assez bon I D'ailleurs le plus pressant est de leur donner à manger... C'est pourquoi, ce petit virement de fonds...
L'Espagnol, sévère, ne cacha point qu'il blâmait l'astuce de l'archevêque... « Et puis était-il bien convenable pour un prince de l'Eglise ?... »
Mais pressé de revenir à sa discussion, il faussa compagnie au cardinal et entreprit de nouveau l'évêque de Marseille sur le cas d'excommunication majeure.
Mgr Puig les laissa. La nuit était tout à fait venue. Dans le coin où il s'était réfugié, il avait tiré le tendelet de la lampe à gaz, et, se recueillant dans les demi-ténèbres propices, il réfléchissait :
(( Sitôt que l'exploitation serait en bonne voie, on fonderait une minoterie... C'était certain ! La Tunisie manquait de minoteries !... Peut-être serait-il mieux de ne pas attendre. Il ne fallait pas se laisser devancer