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Artères de la ecnjonetive bulbaire

La conjonctive bulbaire est alimentée par deux réseaux vasculaires : un réseau superficiel ou conjoncüval, constitué par les artères conjonctivales postérieures qui l'irriguent dans toute son étendue, sauf dans sa portion péricornéenne, et un réseau profond ou ciliaire, sous-conjonctival, épiscléral, formé par les vaisseaux ciliaires antérieurs, qui vascularise seulement cette dernière portion.

Ces deux réseaux, bien que reliés à leurs confins par des anastomoses, sont très distincts au point de vue anatomo-clinique.

Anatomiquement on peut, d’une façon schématique d’ailleurs, les opposer l’un à l’autre : ils diffèrent non seulement par leurs origines, mais par les rapports qui unissent le réseau conjonctival à la circulation des paupières, le réseau sous-conjonctival, malgré ses relations indirectes avec le précédent, étant par contre étroitement lié à la circulation du muscle ciliaire et de l'iris où se terminent les artères

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ciliaires antérieures pour former le grand cercle artériel.

Cette disposition nous explique au point de vue clinique le fait que ces deux systèmes vasculaires conservent dans les processus pathologiques une certaine indépendance : suivant que l’un ou l’autre de ees systèmes est hyperémié, la conjonctive prend en effet un aspect différent que l’on désigne sous le nom d'injection ciliaire ou d’injection conjonctivale. C’est ainsi que les régions de la conjonctive tributaires du réseau superficiel sont influencées par les affections des paupières et que, d’autre part, le réseau péricornéen, qui est peu visible dans les conditions ordinaires, s’injecte habituellement dans les affections inflammatoires du tractus uvéal, revêtant alors l’aspect d’une bandelette rose lilas qui se dispose tout autour de la cornée, constituant le cercle périkératique classique (*).

Pour ces raisons, et afin d’en rendre l’exposition plus claire, nous étudierons ces deux réseaux isolément.

a) RÉSEAU CONJONCTIVAL

Ce réseau provient des rameaux directs, issus

(*) L’hyperémie du réseau ciliaire se distingue par la coloration violette des vaisseaux due, d’après Jrrra et O. Haas (54), au mélange de leur teinte rouge avec le reflet bleuâtre que prend la conjonctive à la lumière réfléchie, dès que le fond sur lequel repose cette membrane absorbe une partie des rayons lumineux.

Nous verrons tout à l'heure que l’examen biomicroscopique nous permet d'expliquer autrement la nature de cette coloration.

des branches postérieures perforantes (*) de Parc externe (**) du tarse.

Ces rameaux artériels destinés à la conjonctive bulbaire diminuent de plus en plus d’importance à une certaine distance du bord convexe du tarse, à tel point que la conjonctive qui paraissait rouge dans sa portion tarsienne voit sa coloration diminuer graduellement au niveau du cul-de-sac pour disparaître entièrement au niveau du globe oculaire.

Avant gagné le eul-de-sac, ces artères se réfléchissent autour de lui pour venir, sous le nom d’artères conjonctvales postérieures, s’épuiser dans la conjonctive bulbaire.

Il est classique de dire que leurs dernières ramifications ne dépassent pas la portion péricornéenne de la conjonctive qui est tributaire du réseau ciliaire ; elles s’arrêtent en effet le plus souvent à trois ou quatre millimètres du limbe et s’anastomosent à ce niveau avec des rameaux récurrents provenant des artères ciliaires antérieures ; maïs il arrive quelquefois que certaines artérioles conjonctivales postérieures gagnent directement les anses limbiques dont nous parlerons tout à l’heure.

Au niveau de la paupière inférieure l’arcade périphérique n’est pas constante ; dans ce cas, d’après Fucus (41), la conjonctive reçoit son sang entièrement

(*) Rameaux perforants périphériques de Porrrer (98).

(**) Désigné ainsi par Scnwazse (113) ;arc périphérique de TERsON (123).

de l’arcade marginale ou des artères du muscle droit inférieur, mais il faut considérer cette disposition comme assez exceptionnelle.

Les artères conjonetivales postérieures en sortant de la région du cul-de-sac sont situées sur le plan épiscléral, puis, pénétrant dans la conjonctive bulbaire, elles deviennent plus superficielles et se dirigent concentriquement vers le limbe.

Ainsi que Korpre (60) l’a constaté, certaines peuvent avoir un trajet circonférenciel et former des anastomoses avec les branches correspondantes du côté opposé, de sorte que la cornée peut être entourée à distance par un réseau artériel fermé provenant uniquement des artères conjonctivales postérieures.

La manière dont ces vaisseaux sont disposés dans le tissu conjonctival mérite d’être signalée. Irréguhères et flexueuses, les artères conjonctivales postérieures, dont le nombre varie de 4 à 6 de chaque côté, d’après Kozpre (60), se divisent et s’anastomosent au cours de leur trajet, formant un réseau à mailles irrégulières, susceptible de s’allonger, ce qui leur permet de s’accommoder aux déplacements de la membrane à laquelle elles appartiennent (A. Ricaer (103)).

Leur mode de distribution est assez uniforme : elles constituent tout d’abord dans le tissu cellulaire sous-conjonctival un premier réseau à mailles 1rrégulières et larges. De ce réseau sous-conjoncuval, situé dans la couche fibreuse du derme de la conjonc-

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tive, se détacherait, d’après Tesrur (124) et tous les classiques, une multitude de ramuscules ascendants qui pénétreraient dans l’épaisseur du chorion pour y former un deuxième réseau, réseau terminal à mailles excessivement ténues situé sous la couche épithéliale (*). De ce réseau partiraient des anses capillaires qui iraient se rendre aux papilles dans les portions de la muqueuse où celles-ci se rencontreraient.

Nous verrons que l'examen biomicroscopique nous oblige à réviser sur ce point le mode de distribution capillaire des artères conjonctivales.

b) RÉSEAU ÉPISCLÉRAL OU CILIAIRE

Ce réseau qui irrigue surtout la portion de la conjonctive située en dehors de la circonférence de la cornée, sur une hauteur de trois à quatre millimètres, est constitué par les artères ciliaires antérieures (**).

Celles-ci proviennent des artères musculaires destinées aux quatre muscles droits, et sont au nombre de deux pour chacun de ces muscles, à l'exception du droit externe qui n’en possède habituellement qu’une seule.

Ces artères se séparent des musculaires au niveau des tendons des muscles précités et se portent ensuite

(*] D’après de Wecxer (136), ces derniers auraient une largeur de 0,007 à 0,014 de millimètre ; les îlots polygonaux de tissu conjonctif circonscrits par ces mailles mesureraient en moyenne 0,12 à 0,08 de millimètre.

(**) Aussi appelées petites iriennes ou épisclérales (G. GÉraRp) (47).

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