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Les lymphatiques

Nous avons décrit dans un précédent chapitre ce que les traités classiques nous apprennent de la circulation lymphatique de Ia conjonetive bulbaire.

Depuis l'étude biomicroscopique, plusteurs auteurs ont déerit ces vaisseaux tels qu’ils apparaïssent par cette méthode.

Les observations de Korpre (60), GALLEMAERTS et Kzeerezp (43), Mersmann (78), ete. tendent à montrer l’existence, d’une part, d’un véritable système de vaisseaux lymphatiques, d’autre part, de gaines entourant les vaisseaux.

Kozrre (60) a décrit très longuement Îes canaux lymphatiques qu'avec un grossissement d'environ 400 diamètres et la lumière jaune il arrive à voir nettement à l’état normal comme à l’état pathologique dans la conjonctive bulbaire.

Il est hors de doute que l’étude des Iymphatiques au biomicroscope devrait permettre de les voir plus en détail et avec plus de précision peut-être que sur le cadavre, car dans ce dernier cas la fixation et la

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coloration de l’œil modifient beaucoup la structure si fine et si complexe de ces vaisseaux.

Quoi qu’il en soit, il nous a semblé en général dans la plupart des cas très difficile de voir ces troncs.

— a) Malgré la difficulté que l’on éprouve, à l'examen biomicroscopique ordinaire, à mettre en évidence les lymphatiques conjonctivaux, il arrive cependant assez fréquemment de pouvoir observer certaines formations, qui ne sont pas décrites par tous les auteurs, et que nous croyons devoir rattacher au système lymphatique de la conjonctive.

Dans les conditions ordinaires, même en utilisant l'éclairage indirect qui est le plus favorable à leur examen, elles manquent dans près de 40 % des cas. Lorsqu’elles existent, on ne les rencontre qu’au niveau du limbe à la partie supérieure, où elles sont plus rares, et à la partie inférieure où elles atteignent leur développement maximum.

Malgré le fait qu’elles sont presque toujours invisibles sur les côtés externe et interne du limbe, nous ne croyons pas cependant devoir conclure à leur absence, ayant pu les observer dans quelques cas à ce niveau.

Toutefois, en dehors des deux zones que nous étendrions en haut de 11 heures à 1 heure et en bas de 4 heures à 8 heures, l’aspect que nous allons décrire ne se rencontre que très rarement.

Partant du limbe en rayonnant vers la périphérie, sur une étendue variable de trois à huit ou dix milli-

mètres, les plus courts étant ceux qui sont le plus

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éloignés du méridien vertical, on peut voir très nettement une série de petits crénaux blancs, légèrement saillants, dans l’ensemble parallèles les uns aux autres, et qui s’anastomosent assez fréquemment le long de leur trajet. Au niveau du limbe ils semblent s’anastomoser en arcades ou se terminer isolément. De ces arcades ou de leur extrémité isolée partent des prolongements extrêmement fins qui plongent dans le tissu cornéen. (PL. II, fig. 1).

Le long de certaines de ces formations, on voit souvent courir un très fin capillaire veineux. Ces capillaires qui sont parmi les plus fins de la conjonctive bulbaire sont presque rectilignes et s’observent surtout à la partie inférieure du limbe. La plupart ürent leur origine du réseau marginal et se dirigent de façon radiaire vers le eul-de-sac, allant, avec les veines conjonctivales postérieures, rejoindre le réseau rétro-tarsien. Certains, cependant, nous ont paru présenter un trajet inverse : nous avons vu quelquefois, en effet, la colonne sanguine se diriger vers le limbe, le capillaire allant aboutir au réseau marginal, où, se réfléchissant brusquement en arrière, allant rejoindre le réseau profond dans la

région des trous scléraux.

Ce système lymphatique peut être bordé, même chez les individus au teint clair, de fines granulations pigmentaires, mais l’existence de cette pigmentation s’observe bien plus fréquemment dans les races pigmentées et spécialement chez les nègres ou elle se montre parfois très intense, au point de

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former de véritables franges qui empiètent plus ou moins, avant dans la cornée.

On a donné de ces formations des explications différentes.

Pour les uns, ce sont de simples plis de la conjonetive bulbaire. Cette interprétation mous paraît insuffisante, puisque chez un même sujet on ne fes vort jamais, se plissant ou se déplissant, modifier leur forme prinutive ; d’ailleurs les tractions de la conjonctive n’en modifient pas la forme.

D’autres auteurs, notamment Koërre (60) et Mersmanx (78), pensent qu’il s’agit là de « palissades ». Cependant eet aspect très particulier ne rappelle en rien le système auquel on a donné ce nom qui, tout autour du Hmbe et sans faire relief, unit la conjonctive et la cornée.

Nous pensons que c’est aux vaisseaux Iymphatiques qu’il faut rattacher ces formations que Knÿ- SEL (56) considère également eomme de nature lymphatique. Il faut noter qu’elles peuvent passer inaperçues à l’éclarrage direct ou du moins ne pas apparaître nettement, et que par contre l'éclairage imdirect obtenu em projetant le faisceau lumineux à une courte distance de l’endroit à examiner permet de les voir souvent d’une façon plus précise.

Signalons en passant que cet éclairage mous paraît le plus recommandable pour l'étude des Iymphatiques en général.

— b) En ce qui concerne les « gaines lymphatiques » périvasculaires, leur existence n’est pas douteuse.

A. ROLLIN SRE

Fc. I, — Lymphatiques périlimbiques,

Fic. II. — Aspect du réseau lymphatique profond dans les pigmentations sclérales,

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C’est à Fucens (41) que revient le mérite d’avoir relevé pour la première fois leur présence aw niveau des vaisseaux ciliaires antérieurs, aussi bien des artères que des veines. Ces gaines auraient, d’après les recherches de Fucums (41), ScHwaLBe (113), Bennracner et Czermax (24), une structure amatomique semblable à celle des gaines « lymphatiques » qui eutouremt les venes vorticineuses,.

Elles ne doivent toutefois pas être considérées comme appartenant en propre au système lymphatique avec lequel nous ne les avons jamais vu affecter aucune liaison directe apprente, bien que Kogerpre (60) prétende qu’elles aboutissent directement dans les vaisseaux lymphatiques ; d’ailleurs lhistologie nous apprend qu’il faut les rattacher, non aux lymphatiques, mais les considérer, comme le fart J. Re- NAUT (102) eomme des gaines séreuses em mumiature enveloppant Les vaisseaux à [la mamière dont le péricarde entoure le cœur. De ce fart leur contenu ne doit être constitué que de hquides interstitiels et non de lymphe proprement dite.

Ces gaines périsvasculaires restent le plus sou-

vent invisibles au biomiceroscope et bien que

Koëppe (60) recommande d'utiliser Péclairage indirect à la lumière jaune en faisant osciller légèrement le bras de la lampe à fente, on arrive difficilement à les voir même dans ces conditions.

Toutefois un moyen très simple de bien Les voir est, comme Kozrppe (60), GazzemarrTs et Kiee-

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