‹ La Circulation de la Conjonctive BulbaireChapitre 20 sur 67 · EN AE · texte numérisé non relu

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FELD (42, 43) entre autres (*), l’ont avant nous montré, d'examiner les limites d’un hématome sous-conjonctival en période de résorption. On voit là avec la plus grande netteté autour de la colonne sanguine d’un vaisseau normal, un espace vide, blanc, qui entoure cette colonne sanguine. Cet espace est limité, en dedans par le sang circulant, excentriquement et suivant un dessein très net, par une ligne de globules rouges plus ou moins déformés. Dans cet espace, qui certainement est une gaine périvasculaire, Kogppe (60) aurait pu voir les éléments sanguins plus ou moins altérés. Nous n’avons pas eu la chance d’observer le phénomène, mais il est infiniment probable que c’est par cette voie que les globules tassés contre les gaines sont éliminés. Nous avons examiné systématiquement tous les malades qui se présentaient à la consultation du service du docteur BaïLLrART avec une hémorragie sous-conjonctivale et nous avons pu dans tous les cas constater toujours la présence de ces gaines. Celles-ci sont beaucoup plus apparentes au niveau des veines qu’au niveau des artères où leur calibre se montre toujours très fin. Au niveau des veines, leur diamètre représente à peu près le quart de celui des veines correspondantes. Elles ont été signalées

sur les capillaires, mais restent là le plus souvent invisibles.

(*) Déjà Aucsrein (8), puis Lanpmann (66) avaient remarqué que dans la résorption des épanchements sanguins le contour des vaisseaux se trouvait le premier déblayé de sang.

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Ce manchon périvasculaire est encore assez facilement observable chez le nègre où l’on voit souvent des grains de pigment, ceux-ci stables probablement, limiter le manchon.

Chez les sujets bruns on observe encore le même phénomène autour des vaisseaux perforants, près des orifices seléraux et parfois au niveau du limbe où il n’est pas rare de rencontrer des cellules pigmentées.

— €) Si dans les conditions normales les Iymphatiques de la conjonctive bulbaire restent le plus souvent invisibles au biomicroscope, il est incontestable qu'on peut les observer nettement en ayant recours à certains artifices.

— Quelques auteurs ont préconisé pour leur étude l'emploi de la lumière colorée. Koëy (58) dit avoir pu les étudier en utilisant le lumière anérythre et Kozppe (60) prétend les voir particulièrement distinctement à la lampe à fente, à la limite de l’éclairage direct avec la lumière jaune, sous forme de très fins canalicules de couleur jaune verdâtre.

S'ilest vrai que la lumière colorée permet de voir les lymphatiques ou les gaines périvasculaires avec plus de netteté qu’à la lumière ordinaire, elle ne peut

néanmoins rendre apparents ceux qui demeurent

invisibles à la lumière blanche.

— Par contre la méthode des colorations vitales a permis d'obtenir de belles imprégnations des lymphatiques conjonctivaux. Parmi les nombreux travaux effectués à ce sujet nous rappellerons

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en particulier les recherches de O. Knusez et P. Vonwarrer (57) qui ont pu les étudier «chez Île vivant, en injectant sous la conjonctive une solution de bleu brillant de crésyl à 4%, et celles de Paul Pesme et R. G. SrerrA (94) qui utihsent pour l'injection une solution aqueuse de vert lummère à 4 /500 ou 1 /1000, ou d’autres substances encore telles que le bleu de méthylène, l’éosine à l’eau. Maïs les résultats qu’ils obtiennent avec ces dernières substances sont moins nets qu'avec la solution de vert lumière qui met em relief Les gaines mpénivasculaires et fait apparaître ume striation fine et brillante analogue à celle décrite par Kaiser et Vonwizrer (57).

— Certains auteurs ont également préconisé lamprégnation vitale au moyen d’instillations répétées de substances telles que le bleu de méthylène ou la fluorescéine.

C’est ainsi que Knüsez (56) put démontrer, après coloration par instillation de bleu de méthylène, que les formations crénelées que nous avons décrites précédemment devaient être rattachées au système lymphatique.

— Certaines substances par leurs propriétés Iymphagogues permettent également de mettre en relief les Iymphatiques conjonctivaux.

Nous rappellerons à ce sujet que GALLEMAERTS et KzesreLp (43), en provoquant la stase lymphatique par des injections d'extrait glycériné de sue testiculaire, ont pu voir, immédiatement ‘après l'injection

sous-conjonctivale d’une goutte de cette substance, au milieu d’un chémosis formidable, apparaître « une infinité de petites figures polygonales à contour clair, légèrement irisées, comme s’ilexistait un réseau de cavités dymphatiques intercellulaires. Dans la profondeur de la conjonctive se dessinent de longues traînées blanc laïteux, rectilignes, parfois ramifiées. Autour des vaisseaux se détache une zone claire, également laiteuse, constituant la gaine périvaseulaire ».

Nous avons constaté que l’instillation d’adréna-

line augmentait dans une certaine mesure la visibilité des lymphatiques, mais c’est surtout avec la dionine qu’on obtient les meilleurs résultats. Dès que l’œdème commence à apparaître et tant que persiste l’umbabition de la conjonctive, les gaines périvaseulaires deviennent très apparentes ; on les voit particuhèrement bien à l’éclarrage indirect ou en utilisant la technique de Korrpr (60) avec la lumière jaune. Quant aux lymphatiques, als se montrent également visibles, une dizaine de minutes environ après l’instillation, au moment où de chémosis atteint SOn Maximum.

. Bracro Araymo (5) a bien mis en rehef cette action de da dionine qui lui a permis d’étudier d’une façon remarquable l’aspect du réseau lymphatique superhciel de la congonctive.

Voici les résultats auxquels il aboutit : cinq à huit minutes après d'instillation de dionine, moment auquel l’œdème est déjà manifeste, « on commence

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à distinguer, en particulier à la lumière diffuse, audessous de l’épithélium, en avant du réseau vasculaire superficiel, une sorte de réticulum d’aspect brillant et très anastomosé, constitué d’anses plus ou moins courbes et irrégulières, richement anastomosées. Ce système réticulaire atteint son développement maximum dix minutes environ après linstullation, et apparaît surtout nettement au niveau du segment externe, interne et inférieur de la conjonctive bulbaire. Ces capillaires lymphatiques, au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du limbe, forment des interstices de plus en plus étroits. Arrivés à trois ou quatre nullimètres du limbe, ils vont en convergeant de façon radiaire, vers la cornée en continuant à s’anastomoser richement. Au niveau du limbe et tout autour de la cornée ils s’anastomosent en arcades d’où s’échappent de fins prolongements qui pénètrent dans le tissu cornéen, se perdant insensiblement dans les lacunes lymphatiques de la cornée. »

Bracro Aragmo (5) a pu voir quelques rameaux, à direction oblique ou verticale, s'échapper du ré- ‘seau superficiel et disparaître dans la profondeur. Il pense à juste titre que ces rameaux sont des voies d’anastomoses avec le système lymphatique profond épiscléral, qu’il n’a pu réussir à voir, la mise au point de finesses histologiques étant particulièrement difficile dans la profondeur de tissus même aussi transparents que la conjonctive.

— Nous signalerons enfin que la visibilité des

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lymphatiques, en particulier des lymphatiques profonds, si diflicilement observables à l’ordinaire, est ainsi que celle des gaines périvasculaires particulièrement remarquable dans tous les cas de pigmentation sclérale. Nous avons eu l’occasion d’observer quatre cas de pigmentation sclérale congénitale où les vaisseaux et les capillaires Iymphatiques apparaissaient aussi nettement que les vaisseaux et capillaires sanguins. (PI. Los):

On doit expliquer cette visibilité remarquable dans ces formes de pigmentation par ce fait que, au fond normalement blanc et transparent des tissus conjonetivaux et Sous-conJonctivaux, est substituée une coloration sombre sur laquelle se détache parfaitement le réseau lymphatique clair. C’est pour la même raison qu'il est également bien plus visible chez les nègres et chez les mulâtres.

— En ce qui concerne l’origine des vaisseaux lymphatiques, il n’est pas douteux que ces vaisseaux naissent dans les lacunes mêmes du tissu conjonctif, et si l’on admet plus (102, 129) de communications directes entre les cavités lacunaires et le réseau capillaire lymphatique, il importe peu que les Iymphatiques commencent par des culs-de-sac fermés où par des canaux ouverts («bouches absorbantes » de Brcar) (19),la membrane du cul-de-sac ne pouvant, si elle existe, être un obstacle pour la pénétration du plasma interstitiel et des cellules migratrices du tissu conjonctif dans les voies lymphatiques dont les parois jouent le rôle d’une membrane d’endosmomètre.

A. Rollin. k

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