‹ La Circulation de la Conjonctive BulbaireChapitre 25 sur 67 · NES · texte numérisé non relu

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Cette double constatation tendrait bien à prouver l'importance particulière des échanges au niveau du limbe vers lequel se dirigeraient à la fois les courants cornéens et conJonctivaux.

CHsvaALLEREAU et Poracx (30) ont à ce propos indiqué pourquoi ils renonçaient au tatouage par lPencre de Chine, dont ils redoutaient les migrations.

c) En dehors de ces échanges intervasculo-lacunaires immédiats, les liquides interstitiels de la conjonctive ne sont pas sans rapport avec les milieux environnants, en particulier l’espace de Tenon et les chambres antérieure et postérieure. Ces communications ont été depuis longtemps déjà mises en évidence à la suite de nombreuses recherches expérimentales et la pénétration rapide vers les milieux de l'œil de matières colorantes ou de médicaments injectés à cet effet sous la conjonctive ou la capsule de Tenon ont prouvé l'intensité des échanges à ce niveau. On trouvera dans le travail de Van Linr (126) sur « la médication sous-conjonctivale », une bibliographie importante en ce qui concerne les recherches physiologiques, microscopiques ou physico-chimiques faites à ce sujet.

Il nous suffira ici d’en rappeler seulement quelquesunes.

Appario (4), après injection dans le tissu cellulaire sous-conjonctival du lapin de 0,2 ce. d’une solution d’iodure de potassium à 10 % ,a vu, au bout de cinq à dix mimutes, le liquide passer suCCeSS1vement dans l’espace de TEenoNw, puis dans les cham-

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bres antérieure et postérieure de l'œil. Le passage de cette substance dans la chambre antérieure se décelait au bout de cinq minutes, étant mise en évidence par le chlorure de palladium qui donne un précipité noir d’iodure de palladium. La diffusion atteignait son maximum au bout d’une heure et ne laissait plus de traces deux à trois heures après.

VoceL (132) obtint des résultats analogues.

Avec le ferro-cyanure de potassium, ADD ARIO, puis WesseLy (139) constatentaussi une diffusion intense.

Ces expériences ont été critiquées par CHarpy (28) qui prétend qu'une telle diffusion ne peut avoir lieu que lorsque l'injection est faite sous la capsule de Texon. « L’injection, dit-il poussée dans le vrai tissu cellulaire sous-conjonctival, arrivée au «ul-desac, envahit en partie la paupière, tandis que la masse principale gagne la profondeur de l'orbite en passant par-dessus la membrane intermusculaire ou à travers elle. Pour peu qu’elle soit abondante, elle remplit le coussinet adipeux, englobe les muscles et le nerf optique, mais jamais, à moins de déchirures, ne pénètre dans la capsule de TENox et encore moins dans les cavités intérieures du globe. »

Cette opinion de Cuarpy nous paraît excessive et l’expérimentation ainsi que la clinique nous apportent des preuves multiples du passage des produits injectés sous la conjonctive.

Priücer (95) voit la fluorescéine injectée soit sous la conjonctive, soit sous un des muscles droits de l'œil du lapin, colorer peu à peu tous les tissus de

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l'œil à l'exception de la rétine et du nerf optique.

Mezrincer et BossaLino (79) retrouvent au microscope, chez le lapin albinos, les grains d’une soluton d'encre de Chine, qui, après injection sousconjonctivale, ont diffusé le long des voies lymphatiques dans tous les tissus de l’œil à l'exception de la rétine.

Après une injection de strychnine sous la conjonctive du lapin, Bazar: (13) retire une humeur aqueuse contenant suflisamment de cet alcaloïde pour tuer une grenouille.

Kocamann et Rôümer (59) constatent à l’aide d’une solution de perchlorure de fer le passage dans l'humeur aqueuse du salycilate de soude et de lantipyrine qu'ils injectent en solution à 10 %.

Wessezy (139), Herrez (52), démontrent la pénétration du chlorure de sodium et des expériences nombreuses prouvent les modifications physico-chimiques de l'humeur aqueuse après l’injection souscongonctivale de cette substance.

En dehors de ces faits expérimentaux, les échanges entre la conjonctive et les espaces intra-oeulaires sont suffisamment prouvés par l’action de nos collyres (action de l’atropine, de la cocaïne, de la pilocarpine, ete.) sur l'iris.

Par où se font ces échanges ? D’une part, le long des vaisseaux perforants, par les orifices scléraux qu'ils empruntent, mais aussi, sans aucun doute, au travers de la cornée et du limbe, voie par laquelle doit surtout se faire l'absorption.

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C’est ainsi qu'après injection sous-conjonctivale d’adrénaline, on voit la mydriase débuter du côté de l'injection, la diffusion s’opérant à ce niveau à travers la région scléro-cornéenne. Après instillation de ce même collyre, c’est en bas et en dedans, là où est accumulée la solution que commence la mydriase.

N'est-ce pas par ces communications entre les espaces conjonctivaux et les milieux intra-oculaires que pourrait s'expliquer la teinte verdâtre que prend fréquemment l'iris après une hémorragie sous-conjonctivale quelque peu abondante, coloration due vraisemblablement au pigment du sang extravasé ?

Avant de terminer cette courte étude, nous insisterons sur le fait que la conjonctive, étant donné son absorption, peut être une porte d’entrée beaucoup plus fréquente qu’on ne le soupçonne aux infections. C’est ainsi que, d’après PuaiciBertr (96), le virus des oreillons pénétrerait vraisemblablement par la conjonctive. N’en serait-il pas de même du virus encéphalitique, de la grippe et d’autres agents de maladies infectieuses ?

Brucxner (25) a étudié la perméabilité de la conjonctive aux bacilles tuberculeux et a montré comment on pouvait réaliser l'infection par simple instillation d’une émulsion de bacilles bovins, chez les lapins et les cobayes, après avoir oblitéré les voies lacrymales au galvano-cautère.

L’oblitération des voies lacrymales, favorisant leur stagnation, laisse ainsi aux bacilles le temps de forcer

la barrière de défense que constitue la couche adénoïde du derme conjonctival ; les bacilles sont englobés par les cellules épithéliales et par les leucocytes migrateurs qui les entraînent alors vers la profon-

deur où ils deviennent une source d'infection générale.

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