CHAPITRE XII
Kj mographion de Ludwig.
g 111. — L'appareil de Luciwig nommé kymographion ((ig. se compose d'un manomètre en U sur la colonne duquel repose un flotteur d'ivoire/" muni d'une tige longue et légère , à l'extrémité de laquelle est un pinceau c.
Toutes les oscillations de la colonne de mercure sont fidèlement accompagnées par le flotteur et par le pinceau ; celui-ci trace sur un cylindre tournant A, recouvert de papier, toutes les variations de la tension. L'instrument de Ludwig fut le premier inscripteur appliqué à l'étude des phénomènes de la circulation ; il inaugura l'emploi en physiologie de la méthode graphique, si sûre et si simple, qui donne aux expériences des physiologistes la rigueur et la clarté de celles des physiciens
Fig. 83. Kymographion de Ludwig.
Fig. 84. Tracé des changements de la pre*iou'd«ns la carotide d'un chien, obtenu avec le
Kymographion de Ludwig.
Les tracés obtenus par Ludwig contenaient des oscillations
marey, Circulalion.
de
différents ordres (fig. 84) ; les unes, plus petites, correspondaient chacune à une systole du cœur, les autres, plus étendues, étaient produites par les mouvements respiratoires.
Inscription des mouvements du manomètre ù mercure avec un
tambour a levier.
$ 112. — L'appareil de Ludvvig exigeait qu'on inscrivit les oscillations manométriques sur un cylindre vertical, ce qui est très incommode, surtout lorsqu'on doit inscrire à la fois un grand nombre de phénomènes différents. J'ai souvent recouru à un moyen très simple pour transmettre à un tambour à levier les mouvements de la colonne d'un manomètre. Il consiste à adapter à l'extrémité de cette colonne un tube de caoutchouc relié au tambour à levier. L'oscillation du mercure dans le tube de verre agit comme le jeu du piston dans une pompe à air et actionne le levier inscripteur. Celui - ci peut écrire , à toute distance, et dans les conditions les plus variées : soit sur une plaque verticale animée de mouvement, soit sur un cylindre vertical ou horizontal.
L'emploi des manomètres à mercure présente toujours un grave inconvénient dans les mesures de la pression du sang. Ces appareils, excellents quand il s'agit de déterminer des forces constantes, une pression uniforme par exemple, donnent des résultats faux quand on les applique à mesurer une force variable. On peut dire que toutes les fois que la colonne du manomètre oscille ses mouvements ne correspondent pas exactement aux variations de la force qu'on cherche à mesurer. Cela tient à ce que le mercure, soudainement déplacé, exécute dans l'instrument des oscillations propres qui en altèrent les indications *.
L En veut-on la preuve expérimentale : qu'on prenne un manomètre à mercure formé d'un tube en U et que, par un moyen quelconque, on élève le mercure dans l'une des branches, puis qu'on le laisse retomber par son propre poids. Au heu de se mettre .mmêdiatement au même niveau dans les deux branches de l'instrument, le mercure oscillera de l'une à l'autre un grand nombre de fois. Ces osc.llalions soni les effets de la vitesse acquise que prend le mercure lorsqu'il a été mis en mouvement • elles se retrouvent nécessairement, à des degrés divers, dans un manomètre
S; aux artères d'un anima.. A chaque fois que !e mercure -^^H il est projeté au-dessus du point qui eût exprimé le max.mum véritable de b pe-jl inversement, à la fin d'une descente brusque, le mercure tombe au-dessous du mm.