‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 113 sur 431 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

§ 128. — Certaines parties du corps sont naturellement le siège QylA^^. du phénomène découvert par Piégu : ainsi la cavité crânienne tî représente toutes les conditions d'un organe vasculaire, le cerveau, ^j^0^ ~ ^*S^ plongé dans un liquide susceptible de déplacements et renfermé dans une cavité inextensible; aussi, les changements de volume frzA— du cerveau, sous l'influence des variations de calibre de ses ar- 'J]p^À~ u, tères, se traduisent-ils, chez l'enfant, par un battement des fonta- U~ jU -

nelles que soulève d'une manière intermittente le liquide céphalorachidien. Quand l'ossification du crâne est complète, une tré- , )ru**. panation rend visibles les changements de volume du cerveau j .f d'après les soulèvements saccadés de la dure- mère.

Après la trépanation d'un os, les chirurgiens observent souvent des mouvements alternatifs du sang ou du pus contenu dans la cavité osseuse. Ces mouvements sont produits par le déplacement du liquide renfermé dans le canal médullaire, sous l'influence des variations du calibre des vaisseaux. L'ouverture faite par le trépan correspond au tube où le niveau de l'eau se déplace dans les appareils dePoiseuille et de Piégu.

Relations des changements de volume du cœur avec ceux

des artères.

g 129. — La méthode d'inscription des changements de volume s'applique admirablement à l'étude d'un grand nombre de phé- ^Wnomènes physiologiques de la circulation capillaire; elle montre, \, en les totalisant, les plus petites variations des vaisseaux d'un membre ou d'un organe isolé dans lequel on fait circuler le sang. C'est à Mosso surtout qu'on doit ces intéressantes études dont nous parlerons à propos de la circulation capillaire.

Les appareils à déplacement servent encore à mesurer la valeur des changements de volume que le cœur éprouve dans ses alternatives de systole et de diastole. Or, comme toute pénétration du sang dans les artères implique l'issue d'une pareille quantité de sang des ventricules, si l'on inscrit en môme temps les changements de volume d'une artère et les changements de volume du : cœur, on obtiendra deux tracés de sens inverse. Cette alternance des changements de volume du cœur avec ceux des artères se démontre très bien par l'expérience suivante :

Soit (fig. 103, un cœur de tort ue préparé pour la circulation arti-

ficielle, comme dans l'expérience § 44, figure 28. On place ce cœur dans un flacon à deux tubulures dont l'une laisse entrer le sang veineux et l'autre laisse sortir le sang artériel. Une troisième tubulure qui perce le fond du vase se rend à un tambour à levier.

Fig. 1.03. Appareil destiné à montrer l'alternance des changements de volume du crour cl dis artères.

Sur le trajet du tube artériel est placé un sphygmoscope, g 85, qui se rend à un second tambour à levier superposé au premier.

Les tracés recueillis figure 104 sont les changements de volume du cœur à chaque systole ventriculaire V et les changements de

Fig. 104. Alternance des changements de volume des artères P. et du ventricule V.

volume du sphygmoscope sous l'influence de la pression P. Ces courbes sont alternantes, l'une s'élève toujours quand l'autre s'abaisse; elles montrent qu'entre le cœur et les vaisseaux artériels il se fait incessamment des variations inverses de volume ; les vaisseaux se distendent en raison même du resserrement du cœur.

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