CHAPITRE XIII
mouvement sur un cylindre, d'après le procédé de Ludwig, et l'on aurait un appareil qui donnerait une expression graphique du pouls des artères. Tel fut le but que poursuivit Vierordt et qui l w conduisit ce savant à l'invention d'un instrument qu'il nomma 5 ^l/^ sphygmographe ou inscripteur du pouls.
Il existait en effet des moyens de traduire par un mouvement très appréciable les pulsations artérielles. Tout le monde a vu que lorsqu'on se tient assis, les jambes croisées l'une sur l'autre, la jambe qui est placée en haut est animée d'un mouvement à chaque battement du pouls. L'artère poplitée qui se trouve comprimée soulève, par ses battements, la jambe dont le poids tend à l'aplatir. Le petit mouvement qui se produit ainsi est augmenté par la longueur de la jambe agissant comme bras de levier et se traduit, à l'extrémité du pied, par une oscillation très apparente.
En Angleterre, King réussit à rendre visibles par un procédé \^-] analogue les pulsations si petites qu'on nomme pouls veineux des extrémités et qui s'observent, sur le dos de la main par exemple, lorsque la circulation est rapide. Voici comment ce physiologiste instituait son expérience. Uu fil de cire à cacheter ou mieux de verre étiré à la lampe, lui servait de levier rigide et très léger. Ce fil, collé avec un peu de suif au voisinage de la veine, reposait sur ce vaisseau dont les alternatives d'expansion et de resserrement se traduisaient, à l'extrémité libre du levier, par des mouvements appréciables.
Vierordt, combinant les idées de King et de Ludwig, construisit son sphygmographe dans lequel un levier, mis en mouvement par les battements d'une artère, inscrit ses oscillations sur le cylindre tournant d'un kymographion ».
J. La figure 107 représente le sphygmographe de Vierordt. Sous un support en forme de double potence sont adaptés deux leviers de longueurs inégales. Ces leviers sont articulés, d une part avec leurs supports au moyen de deux axes; d'autre part avec un cadre métallique p, par I'inlermédia.re d'autres axes. Ces articulations on[ pour efTet de corriger l'arc de cercle q„c décrirait un levier simple, et agirent en cela comme une sorte de parallélogramme de Walt. En effet, la tige s qui se détache inféneurement du cadre métallique et porte un pinceau, oscille toujours verticalement dans le mouvements d'elevaUon et de descente des leviers. Un cylindre tournant autour graphio'n " U'aC6 m°UVements d" Pinceau comme dans le kymo-
La disposition destinée à rendre bien verticales l'ascension et la descente du pinceau nnalt a , ensemble des leviers un poids assez grand que Vierordt équilibra au m n dune cupule dans laquelle on plaçait un contrepoids convenable Lappareil 72 équilibré, on place l'avant --dessous de lui. de manière que la petite ptqueT maivey, Circulation^
Dans Le spécimen des tracés fournis par le sphygmographe de Yierordt ((ig. 106), on voit que les mouvements de l'appareil consistaient en oscillations sensiblement isochrones, l'ascension et la descente étant semblables entre elles. Cependant, quand on explore le pouls avec le doigt, on s'aperçoit aisément que le battement de l'artère offre, en général, un caractère différent de celui qu'exprimerait le tracé ci-dessous. En effet, le soulèvement qu'éprouve le
ib 10 5 1
l-'ig. 100. Trace du sphygmographe de Vierordt,
doigt est d'ordinaire assez brusque, tandis que l'affaissement du vaisseau est beaucoup plus lent; cette seconde période de la pulsation dure plus du double de la première.
La différence entre la forme du tracé et la sensation tactile qu'on éprouve en explorant une artère m'avait rendu suspectes les indications de l'instrument de Yierordt : je pus bientôt me convaincre qu'il y avait une cause d'erreur dans la construction même du sphygmographe.
située près du centre du mouvement, repose sur l'artère radiale. A chaque pulsation du vaisseau, l'instrument agit comme un levier inlerpuissanl dont le grand bras décrit des mouvements amplifiés par sa longueur même.
Fig. 107. SpliYginographe de Vierordl.
Nous reproduisons (fig. 106) un des tracés que donne l'instrument de Vierordl : sur celle figure, on peut aisément déterminer la fréquence du pouls, quand on connaitla vitesse avec laquelle tourne le cylindre. Il suffit de compter co.nfi.cn de pulsal.ons sont contenues dans la longueur qui correspond à une durée connue.