‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 119 sur 431 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

au plan d'oscillation du levier une plaque enfumée qui reçoit le tracé1.

Cette disposition, la dernière que j'aie donnée à l'instrument, me semble préférable à celle que j'avais employée d'abord et qui assurait moins bien la solidarité du ressort avec le levier2.

Les tracés du sphygmographe élastique diffèrent totalement de ceux qu'on obtient avec le sphygmographe de Vierordt; à la place d'une oscillation à périodes sensiblement égales5, mon

cet effet, le ressort porte, au dessus de la plaque i chargée de comprimer l'artère, une longue vis terminée par un bouton de cuivre. La vis, poussée par une pression élastique du côté de l'axe de rotation du levier, engrène à la façon d'une crémaillère dans la gorge molletée d'un galet g situé sur cet axe. Grâce aux aspérités de la vis et du galet, il y a parfaite adhérence de ces surfaces, de sorte que tout mouvement vertical imprimé par le ressort à la vis provoque une légère rotation de l'axe du levier, mouvement agrandi à l'extrémité libre de celui-ci.

1. 11 y a différentes manières d'inscrire sur le papier les mouvements du levier; la plus sûre est de tracer, au moyen d'une pointe sèche faite de baleine amincie et flexible, sur le papier qui couvre la plaque et que l'on noircit à la fumée d'une bougie. De cette façon, la plume marque à coup sûr un trait fin qui se détache nettement en blanc sur le fond noir; mais cette manière exige une opération complémentaire : il faut fixer le tracé, en trempant la feuille dans du vernis à la gomme laque très étendu d'alcool, après quoi on laisse sécher le papier.

Il est plus expéditif de se servir d'une plume et d'encre pour tracer les courbes du pouls. La plume est formée d'une lame mince de ressort d'acier; elle donne un trait fin, mais parfois marque mal. Un excellent moyen d'éviter cette défectuosité consiste à ajouter un pau de glycérine à l'encre dont on se sert pour recueillir les tracés du sphygmographe. Cette précaution empêche la plume de sécher; on la trouve toujours prête à marquer chaque fois qu'on y met de nouvelle encre.

2. Le danger que cette indépendance entraîne clans certains cas est le suivant : sous l'influence d'un brusque soulèvement, le levier prend un mouvement rapide qui lui peut faire dépasser, par sa vitesse acquise, le point précis auquel il devrait s'arrêter. En reliant le levier au ressort, on évite cet inconvénient, car l'extrême légèreté du levier rend négligeable la force vive qu'il possède au sommet de son ascension et fait que cette force vive s'éteint dans la résistance du ressort, quand les frottements de la plume sur le papier n'ont pas suffi à l'annuler déjà.

3. En relevant les durées comparatives des deux moitiés de ses courbes, Vierordt a

Fig. m. Tracés du pouls recueillis avec le sphygmograplie do Vierordt, lorsqu'on charge l'artère do poids de plus en plus grands. — Figura composée en ajoutant quatre fragments de tracés empruntés i Vierordt. (Die Lehre von Arterienpuls, p. 33.)

trouvé les valeurs suivantes (Die Lehre von ArlcricnpuU, ch. vi) :

appareil donne des courbes dont la phase ascendante est toujours beaucoup plus brève que celle de descente; en outre, chaque pulsation présente des accidents multiples, angles vifs ou arrondis, inflexions onduleuses, de nombre et de formes variables, dont

Fig. 112. Quelques tracés du pouls recueillis avec le sphygmographe direct. — 1. Pouls sénile avec hypertrophie du cœur. — 2. Pouls de la fièvre typhoïde. — 3. Colique de plomb. — 4. Péricardile. — 5. Convalescence. — 6. Pouls sénile rare. — 7. Fièvre hectique. — 8. Anévrysme disséquant de l'aorte.

on trouve des types dans la figure 112, où j'ai rassemblé au hasard quelques sphygmo grammes, afin que le lecteur puisse juger de la variété des caractères du pouls chez l'homme sain ou ma-

Période d'ascension. Période de descente.

Plus le pouls est rapide, d'après le môme auteur, plus les deux moitiés de la pulsation sont égales. Vierordt (p 33) reconnaît que, s'il fait varier la charge qui déprime le pouls, il oblient des différences de formes clans les tracés (fig. I II); mais il considère comme défectueuses les courbes dans lesquelles la période de descente présente des ondulations. Ce pouls, qu'il appelle pseudo-dicrotns, est pour lui l'effet d'une charge exagérée appliquée sur l'artère. La charge, dit-il, est bonne quand elle donne un tracé dépourvu de dicrotisme.

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