‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 120 sur 431 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lade. Il reste à démontrer que ces formes sont réelles et qu'à la place d'un instrument que j'accuse d'inertie, je n'en ai pas subslilué un autre qui ajoute ses vibrations propres aux mouvements réels du pouls.

lY-riflrations du sphygmographe direct.

§ 138. — Lors de l'apparition de cet instrument, Buisson émit un doute sur l'exactitude de la courbe et pensa que le sommet de l'ascension pouvait être surélevé par l'effet de la vitesse acquise du levier, celui-ci continuant sa course au delà du point où le portait le maximum de soulèvement du ressort. Buisson imagina un ingénieux moyen de résoudre la question qu'il avait posée. Il plaça au-dessous du levier une cale qui l'empêchait de redescendre pendant la période d'abaissement de la courbe1 et soulevant graduellement cette cale, il obligea le levier à ne subir le

Fig, H3. Méthode de Buisson pour contrôler les indications du sphygmographe à ressort. •

soulèvement du ressort que dans la dernière phase de l'élévation du pouls. La figure 1.13 montre qu'à mesure qu'on soulève le levier le tracé se restreint à une portion de plus en plus petite- ses min.ma se trouvent sur une ligne oblique ascendante ; il finit par se réduire au sommet de la pulsation. Dans la figure 113, la partie ponctuée complète ce qui manque dans le tracé. Or, le sommet inscrit dans les courbes tronquées avait la même forme et la même hauteur que dans le tracé complet. On ne pouvait donc attribuer la hauteur considérable et la forme aiguë du sommet de la courbe à une projection du levier qui aurait acquis une grande vitesse, ans son parcours ascendant, puisquece parcours était sup. primé. La méthode de Buisson doit rester comme l'une des meil-

^,^l^i£^let aTrd'h,,i &VeC 10 sP'^™graphe direct icviei est force de sume tous les mouvements du ressort de pression.

leures qu'on puisse employer pourcontrôler un appareil inscripteur

quelconque et s'assurer qu'il est à l'abri des effets de l'inertie.

g 139. J'ai construit récemment des appareils inscriptcurs dans lesquels la vitesse du levier est tellement réduite que les effets de l'inertie peuvent être considérés comme nuls. On sait que la force vive d'une masse en mouvement est proportionnelle au carré de la vitesse qui lui est imprimée. Si donc nous recueillons avec un sphygmographe des tracés du pouls dont l'amplitude soit d'un demi-millimètre, c'est-à-dire dix fois moindre qu'avec le sphymographe ordinaire, la force vive qui tend à projeter le levier sera cent fois moindre. Or les tracés obtenus avec cette amplitude réduite et qui, pour être lisibles, exigent l'emploi du microscope, sont sensiblement semblables à ceux que donne le sphygmographe ordinaire; cet instrument est donc réellemment à l'abri du reproche qu'on a pu lui faire, d'altérer les tracés par les vibrations de son levier.

Czermak craignant sans doute aussi que l'inertie du levier n'altérât les indications du sphygmographe voulut le remplacer par le levier idéal, c'est-à-dire sans pesanteur. Il fit tomber un faisceau de lumière parallèle sur un miroir susceptible d'exécuter des mouvements de bascule sous l'influence des pulsations artérielles. Le rayon lumineux réfléchi allait à grande distance projeter son image sur un écran. Dans les mouvements de ce faisceau de lumière on reconnaissait les mêmes phases que dans le mouvement du levier du sphygmographe élastique. Il paraît même que Czermak recueillit par ce moyen les images du pouls sur une plaque photographique.

D'autres expérimentateurs ont contrôlé l'instrument en faisant agir sur lui des mouvements de formes diverses que le tracé a reproduits fidèlement; ainsi ont procédé Koschlakoff, Rives, etc.

La forme du tracé du pouls recueilli au sphygmographe est, d'autre part, complètement justifiée par l'inscription fournie par le jet de sang qui s'échappe d'une artère. Landois1 a recueilli, à l'aide de ce procédé, de nombreux tracés dans lesquels on retrouve tous les détails indiqués par le sphygmographe.

1. Landois (Hêmautographie. Arch. de Pfluger, 1874, t IX, p. 71j a transmis . taj pulsations artérielles à une flamme manométritfie de Kœmg; j'.gnore le but que cet auteur se proposait d'atteindre par cette expérience.

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