CHAPITRE XV
tube rigide dans toute son étendue, sauf à ses deux extrémités ; or, les vaisseaux artériels sont élastiques sur toute leur longueur, il en résulte une complication plus grande du mouvement d'oscillation. Dans un tube entièrement élastique, il se produit un mouvement ondulatoire analogue à celui qu'on observe à la surface de l'eau contenue dans une rigole, lorsqu'on donne une impulsion à cette eau dans le voisinage d'une des extrémités du canal qui la renferme.
Ce mouvement, dont la complication est si grande qu'il a défié longtemps les efforts des plus illustres physiciens, est très facile à déterminer expérimentalement au moyen de la méthode gra-/ jjfL^^t phique. L'onde, en effet, produit sur son passage un gonfle- ^ ' /
Fig. 122. Explorateur du passage de l'onde suivant la longueur d'un lube élastique.
ment plus ou moins prononcé du tube élastique dans lequel elle / j £ Q/ chemine. Il suffira donc d'inscrire à la fois les phases du gonfle- ~ (. , ,„ ç"~gy
ment du tube dans une série de points équidistants, échelonnés sur toute sa longueur, et grâce à la superposition parfaite de tous les points qui, dans chaque courbe, correspondent k un même instant, on pourra suivre le transport de l'onde d'un bout à l'autre du tube, avec les modifications de sa forme et de son amplitude. On a déjà vu une application de ces tracés superposés dans les expériences de cardiographie.
Pour explorer le gonflement du lube en différents points de sa longueur, je me sers d'une série de petits appareils dont la figure 122 représente la disposition1.
1. Un tambour métallique t (fig. 122) semblable à ceux qui entrent dans la construction du tambour à levier, est collé à l'intérieur d'une petite caisse de bois B, de manière que la membrane du tambour soit tournée en bas. La caisse est ouverte sur deux de ses côtés pour laisser passer au-dessous du tambour le tube t dont on explore la dilatation (ce tube est représenté en coupe); il repose dans une demi - gouttière de métal collée sur la face inférieure de la caisse. Une autre demi-gouttière repose sur le tube et est mise en contact par en haut avec la membrane du tambour. Lorsque le passage de l'onde dilate le tube de caoutchouc, les deux demi-gouttières de métal
Dans l'appareil complet (flg. 123), un tube horizontal de caoutchouc est rempli de liquide; à l'une de ses extrémités est une pompe; à l'autre un ajutage d'écoulement que Ton peut tenir ouvert ou fermé suivant la nature de l'expérience. Le tube traverse les caisses de six explorateurs du passage de l'onde placés à une distance de 20 centimètres les uns des autres ; il se prolonge au delà du dernier explorateur, mais on peut, au moyen d'une pince, le fermer exactement à ce niveau. De cette façon, l'onde viendra heurter en ce point contre l'obstacle formé par la pince.
Six tambours à levier, disposés dans le même ordre que les six explorateurs de l'onde le sont le long du tube, tracent leurs courbes sur un même cylindre animé d'une assez grande vitesse de rotation, 28 centimètres par seconde. Cette vitesse est contrôlée par un chronographe de 50 vibrations doubles par seconde. Chacun des explorateurs du gonflement du tube est relié à un tambour à levier par un tube de caoutchouc. L'appareil inscripteur (fig. 123) reçoit à la Ibis six tracés dont chacun est commandé par un des explorateurs.
Expérience. — Au moyen d'une petite pompe dont on enfonce brusquement le piston, on lance dans le tube quelques centimètres cubes de liquide. Les six leviers entrent en mouvement et l'on recueille le tracé suivant (fig. 124).
Sans entrer pour le moment dans l'analyse complète de cette figure, on y voit, au premier coup d'œil, que le gonflement du tube s'opère successivement aux divers points de sa longueur. Des lignes verticales qu'on abaisserait du sommet de chaque courbe sur le tracé du chronographe montreraient de combien retarde le sommet de l'onde pour chacun des points de la longueur du tube1.
g 150. — Pour montrer que, dans un même tube, le transport de l'onde est plus lent quand la densité du liquide est plus grande, mettons du mercure au lieu d'eau dans notre tube élas-
tendent à s'écarter l'une de l'autre, et comme la supérieure est seule mobile, c'est elle qui exécute la totalité du mouvement; elle comprime le tambour placé au-dessus d'elle, et celui-ci transmet à un tambour à levier inscripteur le signal de gonflement du tube au point exploré.
1. Pour le détail de ces expériences, voir Trav. lab., t. I, p. 98.
tique et répétons la môme expérience. Les tracés obtenus seront
ceux qui sont ponctués dans la figure 124; ils indiquent un trans-