CHAPITRE XV
Soit (fig. 119) ce tube dont les extrémités seules présententde l'élasticité; de l'eau remplit exactement l'appareil, et deux ligatures placées aux bouts des tronçons de caoutchouc emprisonnent le liquide. Il suffit de frapper sur l'un des tubes élastiques pour imprimer au liquide un mouvement qui se traduira par des oscil- ^ „Jù lations successives. La colonne d'eau s'élance contre l'extrémité du tube opposée à celle qui a reçu le choc, la distend , perd sa vitesse, puis reçoit de la réaction élastique du caoutchouc une <x~- <iA~>k
Fig. 119. Tube de verre plein d'eau et terminé par deux tronçons élastiques pour montrer les oscillations de la colonne liquide.
impulsion qui la ramène à l'extrémité opposée où les mêmes actes se reproduisent. La colonne liquide oscille ainsi d'un bout à l'autre du tube, jusqu'à ce que les résistances que le liquide éprouve à se mouvoir éteignent sa vitesse et arrêtent les oscillations.
Si l'on veut inscrire ces oscillations, on applique un sphygmographe sur l'un des tronçons de caoutchouc comme on le ferait sur une artère ; puis, saisissant entre les doigts l'autre extrémité élastique du tube, on la comprime et^on la relâche alternative-
I ig. lïO. Inscription des oscillations du liquide dans un lube termine par deux tronçons élastiques.
ment. Le sphygmographe inscrit alors le tracé (fig. 120) dans lequel les parties marquées du signe -\- correspondent aux moments où le tube est comprimé, ce qui élève la pression du liquide, tandis que les parties marqués du signe — se produisent quand le tube cesse d'être comprimé.
Chaque fois que la pression est brusquement élevée ou abaissée, on voit s'écrire une série de vibrations; ce sont les oscillations de la colonne liquide qui se porte alternativement d'un bout à l'autre du tube.
Les lois physiques des oscillations nous font prévoirqu'en changeant la valeur d'un des facteurs dont il a été question précédemment, on change les caractères de l'oscillation. Ainsi, en augmen- \X^l ', • tant la masse du corps oscillant, on accroît la durée de l'oscilla-
tion ; en augmentant la force élastique du tube, on diminue cette durée; en augmentant la vitesse initiale imprimée au liquide, on \ cUv*^ "A accroît l'amplitude de l'oscillation1.
i^/of^ Dans la circulation, il n'y a pas lieu de se préoccuper des lT^: ^v\ju^g^changements que peut éprouver la densité du sang et qui
sont négligeables, mais la force élastique des vaisseaux varie beaucoup, suivant le degré de réplétion des artères, g 101 ; il en est de même de la vitesse avec laquelle le sang passe du ventricule dans les artères. Nous pouvons donc prévoir déjà que les , oscillations seront plus rapides quand la tension artérielle sera forte, et qu'elles auront plus d'amplitude quand le sang sera projeté avec vitesse par la systole ventriculaire, c'est-à-dire dans les "u»i-<<-cas de faibte pression.
g ] 49. — Oscillations du liquide dans un tube entièrement élastique; ondes.— Les conditions de l'expérience qui vient d'être décrite sont trop simples pour fournir l'explication complète du mouvement du sang dans les vaisseaux. Nous avons supposé le cas d'un
li Pour vérifier l'influence des masses, comparons ce qui se passe, suivant que le tube est rempli d'eau ou de mercure. On remarque (fig. 121) que dans ce dernier cas la durée des oscillations s'est accrue notablement.
Pour constater l'influence de la force élastique toute seule, remplissons le tube avec un même liquide; mais, dans un cas, plaçons à ses extrémités des tronçons de caoutchouc mince, et dans l'autre cas des tubes plus épais; de cette façon, nous ferons agir
Fi". 121. Oscillations d une colonne de mercure dans un Uibe terminé par deux tronçons élastiques.
sur la colonne liquide en mouvement des forces élastiques tantôt faibles, tantôt fortes. La durée de l'oscillation sera moindre quand on emploiera le tube épais, c'est-a-dire celui dont la force élastique est la plus grande.
Enfin si I on imprime à la colonne liquide des impulsions plus ou moins rapides, ces impulsions, exigeant des dépenses diflérentes de travail, produiront des oscillations dont l'étendue croîtra ou décroîtra comme le travail dépensé.