CHAPITRE I
par chacune des conditions dont nous venons de parler. Mais comment isoler ces influences l'une de l'autre pour faire la part de chacune d'elles? Comment agir sur la fonction du cœur sans modifier celle des vaisseaux ? Comment faire varier la force des impulsions cardiaques sans changer le volume des ondées ou la fréquence des mouvements?
Ce n'est que sur des appareils inertes que l'on peut être sûr de produire exclusivement une action déterminée afin d'en apprécier les effets. Sur un schéma de la circulation, on change à volonté une ou plusieurs des conditions du mouvement : on donne au cœur plus de force ou plus de fréquence; on augmente ou on diminue la quantité de liquide projeté; on substitue à des tubes épais d'autres tubes plus minces; on ouvre ou resserre les voies par lesquelles doit passer le liquide, et dans chacun de ces essais on constate les effets obtenus , les changements produits dans la pulsation du cœur ou dans celle des vaisseaux.
Lorsqu'on gouverne ainsi à son gré les conditions mécaniques de la circulation et qu'à volonté on fait naître telle ou telle forme du pouls ou de la pulsation cardiaque, on acquiert une connaissance très exacte des conditions dans lesquelles se produit chacune de ces formes et l'on est beaucoup mieux renseigné sur le mécanisme de la circulation que lorsqu'on opère exclusivement sur 1 animal vivant, chez lequel la douleur ou l'émotion produisent des troubles dont on n'est pas maître.
L'expérimentation exclusive sur les animaux expose à un autre danger. Sachant que des impressions nerveuses peuvent réagir sur le cœur ou sur les vaisseaux, et changer de maintes façons le mouvement du sang, le physiologiste qui pratique une vivisection a une tendance naturelle à attribuer à des actions nerveuses tout changement qui survient au cours de l'expérience. Il méconnaît souvent ainsi la véritable nature de phénomènes qui sont du ressort de la physique pure.
Souvent, une expérience de physique est le seul moyen de faire comprendre la nature d'un phénomène compliqué, en le dégageant de conditions accessoires qui en voilaient la cause véritabîe Ma s les expériences physiques ne doivent pas se substituer aux viv sections; ces deux moyens doivent sans cesse concourir pour 1 interprétation des phénomènes physiologiques; ils doivent se contrôler l'un par l'autre, et ce n'est qu'après avoi subi ce do .ih Z contrôle qu'une théorie peut être solidement établi *
L'objet de ce chapitre était surtout de faire entrevoir les ressources que nous offrira l'expérimentation physique pour éclairer les phénomènes de la circulation du sang. Nous reviendrons avec les détails nécessaires sur les applications particulières de cette méthode.