CHAPITRE XIX
ainsi dans la figure 179. Ces oscillations du courant sanguin dans les artères se rattachent au phénomène des ondes liquides. Suivant que ces ondes se portent vers la périphérie ou rétrogradent vers l'aorte § 150, le cours du sang éprouve des renforcements ou des diminutions; celles-ci peuvent aller, dans
Fig. 179. Vitesse du sang dans la carotide d'un cheval, V. Le tracé de l'héruodromographe passe ' par instants, au-dessous du zéro, ce qui indique une rétrogradation du courant.
certains cas, jusqu'à produire un reflux véritable. Les oscillations de la vitesse ont besoin, pour être bien comprises, d'être étudiées dans leurs rapports avec les variations de la pression; ce sera l'objet du chapitre prochain.
Caractères de la vitesse du sang dans les différentes artères.
g 201. — La vitesse moyenne du sang est la même dans tous les segments de l'arbre vasculaire , c'est-à-dire que si l'on suppose une série de coupes, dont l'une diviserait l'aorte, l'autre l'ensemble des artères de premier ordre, la suivante l'ensemble des rameaux secondaires, d'autres enfin passant au niveau d'artérioles de plus en plus petites, l'aire totale des vaisseaux divisés par chacune de ces coupes doit laisser passer la même quantité de sang en un temps donné. Or, tous les anatomistes admettent que l'arbre artériel augmente de capacité à mesure que l'on considère une région plus éloignée du cœur; de telle sorte que les artères constitueraient, dans leur ensemble, un cône dont la pointe est au cœur, la base aux capillaires. Il suit de là que la vitesse du sang, très grande dans les branches d'origine du système artériel, diminuera progressivement dans les artères de second, de troisième... de dixième ordre, c'est-à-dire dans des régions de plus en plus élargies de l'arbre artériel.
Outre que la vitesse du sang présente son maximum à l'orifice aortique du ventricule gauclie, elle offre en ce point une autre particularité : le courant y est franchement intermittent. Dans les grosses artères, les maximade vitesse sont plus forts et suivis parfois de rétrogradation plus ou moins marquée du courant qui revient de la périphérie vers l'aorte. Plus loin, les intermittences du courant diminuent encore et la rétrogradation est remplacée par un simple ralentissement, de sorte que la vitesse n'est jamais nulle dans les petits vaisseaux et qu'il y existe toujours un élément constant de la vitesse. Plus loin enfin, dans les dernières ramifications artérielles, la vitesse tend à devenir constante et les accélérations produites par chaque impulsion du cœur à s'effacer.
Signes extérieurs «le la -vitesse du sang dans les artères.
§ 202. — A l'état normal, rien ne révèle au dehors la vitesse du sang dans les artères; mais, chez les sujets qui présentent une rapidité exagérée du courant sanguin , l'oreille entend ce qu'on nomme un hruit de souffle : c'est l'effet de la vibration de la colonne liquide animée d'une vitesse excessive. Ce bruit se produit au niveau de l'orifice ventriculo-aortique chez les animaux soumis à une hémorrhagie qui a fait baisser notablement la tension artérielle. Quand la tension artérielle est tombée à un certain degré, l'excès de la force du ventricule sur la résistance qu'il rencontre devient tellement grand, que l'ondée sanguine pénètre dans les artères avec une vitesse excessive et entre en vibration ; cela donne naissance à un bruit qui se propage dans les artères. On fait naître également un bruit dans ces vaisseaux en créant un rétrécissement de leur calibre, par exemple en comprimant, au moyen du stéthoscope, une artère volumineuse. Au niveau du point comprimé, le sang s'élance avec vitesse dans la portion inférieure du vaisseau où se trouve une pression beaucoup plus faible qu'en amont du rétrécissement, § 9- Ces manifestations extérieures de la vitesse du sang nous occuperont ailleurs, dans la partie pathologique de la circulation.