CHAPITRE XX. àll
la quatrième systole; à cet instant, l'artère fut comprimée; aussitôt la pression tomba à zéro.
Cette suppression de toute vitesse dans une artère que l'on comprime est un excellent moyen de déterminer la position du zéro dans le cours d'un expérience et d'apprécier la valeur absolue de la vitesse à un moment quelconque.
Une compression incomplète de l'artère ne donne lieu qu'à un
Fig. 181. Tracé de la vitesse du sang dans la carotide droite d'un cheval, la carotide gauche
étant libre.
Fig. 182. Tracé de la vitesse du sang dans la carotide droite d'un cheval, la carotide gauchi)
étant comprimée.
simple ralentissement du courant. Il en est de même lorsqu'on ne comprime qu'une des branches fournies par l'artère où l'on mesure la vitesse : le ralentissement est d'autant plus grand que la branche comprimée a plus d'importance.
Chauveau et Lortet, opérant sur le cheval, recueillent d'abord le tracé de vitesse de la carotide (fig. 181), puis ils oblitèrent l'artère du côté opposé; ils constatent alors un énorme accroissement dans la vitesse (fig. 182).
La solidarité qui existe, au point de vue de la circulation, entre
deux branches émanées d'un Ironc commun se retrouve, quoique à un degré moindre, entre toutes les artères du corps, car elles sont toutes des branches émanant d'une origine commune, l'aorte. Mais cette solidarité ne se traduit que par des effets peu sensibles quand on comprime une artère peu volumineuse et qu'on explore les changements qui se produisent dans la vitesse du sang d'une autre branche. Pour rendre cet effet appréciable, il faut oblitérer des vaisseaux importants : comprimer, par exemple, l'aorte au niveau de l'abdomen; aussitôt la vitesse s'accroît dans toutes les artères qui émanent de l'aorte en amont du point comprimé; la pression augmente également dans ces artères.
La contractilité des petits vaisseaux donne lieu à des changements de la vitesse du sang dont il sera question à propos des nerfs vaso-moteurs. Ainsi, le resserrement vasculaire qu'on obtient en excitant le grand sympathique au moyen de l'électricité produit un ralentissement du cours du sang et parfois un arrêt presque complet dans l'artère afférente1.
Parfois, pendant qu'on adapte l'hémodromographe, il s'introduit une bulle d'air dans la carotide du cheval; cette bulle se divise en bulles plus petites qui pénétrent dans les fines artérioles, y constituant de véritables embolies d'air accompagnées d'accidents cérébraux et de vertiges. La présence de ces bulles forme un obstacle au cours du sang; aussi voit-on un ralentissement de la vitesse du sangdans la carotide2, ralentissement absolumentsemblable à celui que produirait la compression d'une branche de cette artère.
g 206. — E/fels de l'étal d'activité ou de repos des ihuscles sur la vitesse du sang dans les artères afférentes. — L'activité et le repos des muscles ont une grande influence sur la vitesse du sang qui les traverse; mais il faut, à ce sujet, distinguer les contractions continues des contractions intermittentes. Ainsi, un muscle tétanisé comprime d'une manière continue les petits vaisseaux qui le traversent et fait obstacle au cours du sang; il diminue donc la vitesse et paraît, dans certains cas, la supprimer tout à fait. Un muscle alternativement contracté et relâché produit, au contraire, une accélération du cours du sang.
Depuis longtemps cette notion physiologique a reçu son appli-