Chauveau et Lortet, p. 34 et pl. II, n
CHAPITRE XX. 319 cation, cl ceux qui pratiquent l'opération de la saignée savent que le'sang coule plus vite par la piqûre de la veine quand le patient exécute des mouvements, en tournant par exemple un objet entre ses doigts. Cette plus grande abondance de l'écoulement du sang par la veine suppose un passage plus rapide à travers les vaisseaux capillaires, d'où l'on doit conclure nécessairement à une circulation artérielle plus rapide.
Chauveau et ses élèves ont donné la démonstration directe de cette accélération du cours du sang artériel sous l'influence de l'action musculaire.
Expérience. — L'hémodromographe est appliqué à la carotide d'un cheval et donne un tracé de vitesse (fig. 183). On fait manger l'animal; aussitôt la vitesse augmente comme si une blessure de
Fig. 18). Augmentation de la vitesse du sang dans la carotide sous l'influence des mouvements
de la mastication.
l'artère, en aval du point d'application de l'instrument, avait donné naissance à une hémorrhagie. C'est qu'en effet le sang trouve une issue plus facile pour passer des artères aux veines pendant les contractions intermittentes delà mastication. Au bout de quelques instants, un autre phénomène s'observera, c'est l'accroissement de fréquence et de force des mouvements du cœur ; cela vient encore augmenter la vitesse du sang. Nous en parlerons dans un instant.
Dans la partie du tracé recueillie pendant la mastication, on voit un grand nombre d'irrégularités dans la vitesse du sang carotidien. Ces irrégularités tiennent à ce que l'action du muscle retentit
sur le cours du sang, chaque renforcement de la contraction comprimant les vaisseaux intra-musculaires et gênant la circulation pendant un instant.
Les effets de l'action musculaire sont particulièrement nets sur les artères du cœur. Les systoles de cet organe reviennent à intervalles réguliers et durent assez longtemps pour qu'on en saisisse aisément les effets sur la circulation dans les artères coronaires. A chaque systole des ventricules, il y a diminution de la vitesse du sangdes coronaires, au moment où les fibres musculaires raccourcies étreignent les petits vaisseaux qui les traversent.
Effets des changements de la force impulsive sur la vitesse
du sang.
§ 207. — Changements de la force du cœur; leur effet sur la vitesse du sang. — Le pneumogastrique ayant pour action de ralentir les battements du cœur (g 35), il survient, lorsqu'on excite ce nerf, une diminution de la vitesse du sang. Après qu'on a coupé le pneumogastrique, les battements du cœur s'accélèrent au con-
Fig. 184. Vilcsse du sang avant la section du pneumogastrique Sp. Accélération du cours du sang après celte section (deuxième partie du tracé).
traire et l'on observe un accroissement de la vitesse du sang artériel. La figure 184 montre la différence de vitesse qui s'observe alors.
g 208. — Accroissement de V impulsion cardiaque sous l'influence de la mastication. — On a vu ci-dessus qu'un premier effet de l'action des muscles masticateurs était d'accélérer le cours du sang dans les artères carotides, en diminuant les résistances capillaires ; mais au bout de quelques instants s'observe un autre effet: c'est