Blackley, Dublin Journ. of. med. Science, vol. V, p
3. C'est assurément une vue à priori qui inspira à Haller et à Blackley celte idée que le cœur multiplie les battements en présence des obstacles. Cela suppose une sorte de vigilance du cœur qui tendrait, toujours et malgré tout, à donner au mouvement du sang une impulsion rapide. Bien plus, celte impulsion serait d'autant plus rapide que les influences extérieures lui créeraient plus d'obstacles. N'est-il pas bien naturel de supposer que le cœur, ne pouvant réparer par le repos un déploiement temporaire d'énergie, doit dépenser une quantité de force constante, fournir un travail uniforme? Et dès lors, rien de plus simple que de comprendre comment celte force constante peut se répartir de deux manières différentes suivant les résistances qu'elle doit vaincre : . soit sous forme de battements nombreux et faciles, soit sous forme de systoles pénibles et peu fréquentes.
Du reste, un instant de réflexion montre la fausseté de l'hypothèse de Haller et de Blackley. A quelles conséquences conduirait- elle? Imaginons que le cœur, s'irritant des résistances, envoie d'aulant plus de sang dans les artères qu'il rencontre plus d'obstacle, c'est-à-dire que la tension artérielle est plus grande; ce surcroit d'impulsion du cœur ne peut avoir d'autre effet que d'augmenter encore la tension artérielle. Admettra-t-on que ce nouvel accroissement des résistances augmentera encore la fréquence des systoles du cœur? Mais alors où s'arrêtera celte lutte de la puissance cardiaque contre les résistances vasculaires? Pour suivre logiquement les conséquences de l'hypothèse de Blackley, il faut admettre que les artères finiront par se rompre sous l'effort indéfiniment croissant du cœur.
Du reste, une pareille théorie est trop complètement en contradiction avec les faits pour qu'on s'arrête à la discuter; elle ne saurait tenir contre les preuves expérimentales que nous allons donner.
rhagie. Il vit aussi que, sous la môme inlluence, le pouls s accélère1; c'est ainsi qu'il put, au moyen d'une hémorrhagic abondante, abaisser la pression du sang au quart environ de son degré normal. Le pouls qui battait quarante fois parminute avant l'hémorrhagie , s'était élevé à cent pulsations immédiatement , après. Voici donc un premier fait qui rentre dans la loi que nous énoncions tout a l'heure et montre que le cœur précipite ses battements à mesure que la tension artérielle leur fait moins 1 d'obstacle.
Fig. 190, Accélération des battements du cœur d'un cheva sous l'inllueuce d'hémorrhagies
successives. ; f\ i
Depuis Haies, tous ies physiologistes ont constaté le même phénomène, les cliniciens l'ont observé sur l'homme comme résultat d'hémorrhagies considérables ou de saignées trop copieuses. C'est un des faits les plus incontestablement acquis à la science, que l'augmentation de la fréquence du pouls par l'hémorrhagie. Pour rendre l'expérience plus saisissante il faut inscrire les pulsations du cœur ou d'une artère pendant qu'on pratique