‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 193 sur 431 · CHAPITRE XXII. abd · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. abd

vaisseaux capillaires. Dans les capillaires de plus gros calibre, le torrent est si rapide que l'œil ne peut le suivre. Il n'y a donc pas, à proprement parler, de vitesse définie dans les vaisseaux capillaires, car le sang peut s'y mouvoir avec des rapidités très différentes.

Variations du mouvement du sang dans les capillaires.

g 238. — A l'état normal , on observe au microscope que le mouvement du sang est sensiblement uniforme dans les petits : vaisseaux; les saccades produites par l'impulsion du cœur s'étei- ^£^- gnent avant d'arriver dans les capillaires. Cependant, quand le relâchement de leurs tuniques donne aux capillaires un diamètre ^ plus grand, la pulsation du cœur s'y fait sentir, elle se retrouve ]fvt^ même dans le système veineux où le phénomène du pouls a été observé. C'est ce que Cl. Bernard a constaté dans les vaisseaux ' des glandes sous-maxillaires dont on provoque la sécrétion en excitant la corde du tympan.

Des saccades et même des oscillations s'observent dans le mouvement des globules quand il existe un obstacle au cours sang veineux. Haies et Spallanzani ont fort bien décrit ce genre ^^Tjl de mouvements dont le mécanisme a été saisi mieux encore par j> Poiseuille. Un obstacle placé sur le trajet des veines retient dans ^< , ces vaisseaux le sang qui leur arrive par les capillaires et bientôt /kc*^la tension veineuse s'éleyant résiste à la pénétration de nouvelles quantités de sang. Aussi ne voit-on plus alors le sang progresser que pendant les systoles ventriculaires, d'où les saccades éprouvées par les globules. La tension veineuse croît tou- V^~~ jours et bientôt elle est assez forte pour faire rétrograder les a ^ [globules pendant les diastoles cardiaques; la rétrogradation esl d'abord assez faible, les globules avancent à chaque systole ^ plus qu'ils ne reculent à la diastole suivante, mais la progression s'atténue sans cesse et la rétrogradation s'accroît, si bien qu'à un moment donné les globules n'exécutent plus que des oscillalions sur place, sans quitter le champ du microscope. Cela arrive quand la tension veineuse a acquis la même valeur que la tension moyenne des artères.

Lorsque, après un arrêt du cœur, la circulation se rétablit, le mouvement reparaît dans les petits vaisseaux en suivant en

sens inverse la série des phases qui vient d'être décrite. Dans les vaisseaux branchiaux de la salamandre, Poiseuille a vu que des oscillations se montrent d'abord , puis une progression saccadée, enfin il s'établit un courant continu et régulier.

La mort imminente, avec ralentissement du rythme du cœur, donne encore lieu au phénomène de la saccade dans le cours " du sang à travers les capillaires. Ici, la cause est différente; > . c'est la rareté des systoles qui produit l'intermittence du mouve-

r/i^G»~vt-ment- En effet' Par suite du lone intervalle qui sépare deux systoles consécutives, il se produit des variations très considérables dans la tension artérielle, § 118, et la marebe des globules se ressent de ces variations.

Le cours du sang dans les capillaires présente parfois des changements alternatifs de direction. Cela s'observe dans les vaisseaux qui forment une communication entre deux artérioles ou entre deux veinules. Comme dans ces vaisseaux anastomotiques le sens du courant a lieu nécessairement de la pression la plus forte à la pression la plus faible, il est évident que toute influence qui modifiera la pression dans l'un des deux vaisseaux pourra changer le sens du mouvement dans le capillaire qui les fait communiquer entre eux. .

Poiseuille a signalé encore des rétrogradations du sang lorsque le cœur s'arrête un instant : ainsi, lorsque la grenouille fait un effort pour se détacher de la plaque sur laquelle on l'a fixée avec des épingles. Ces rétrogradations se font sous l'influence de la réaction élastique des vaisseaux: elles indiquent que le sang trouve une autre issue plus facile à travers les capillaires d'autres régions.

Sauf de rares exceptions, la plupart des variations de la vitesse du sang que nous venons de passer en revue ont leur cause dans les changements de calibre des vaisseaux sous l'influence de la conlractitité. Cette propriété des vaisseaux de petit calibre sera étudiée dans le chapitre prochain.

Signes extérieurs des variations de la circulation capillaire.

§ 239. — Les variations de la circulation capillaire sont très nombreuses. Suivant que les organes auxquels ils se distribuent fonctionnent ou sont en repos, ces vaisseaux se relâchent ou se

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