‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 22 sur 431 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mieux que les autres. Ainsi, en touchant avec la pointe d'une aiguille la paroi d'un ventricule de grenouille, on est sûr de n'exciler qu'un point de cet organe. C'est avec des excitations traumatiques bien localisées qu'Engelmann a constaté les curieux phénomènes ondulatoires dont il a été question au chapilre précédent. Mais quand une excitalion traumatique est appliquée à la surface du cœur d'une grenouille vivante, il se produit parfois une complication qu'il est important de connaître. Le professeur Dogiel (de Kazan) m'a rendu témoin d'un effet curieux des excitations traumatiques portées sur le cœur.

Lorsqu'on percute vivement la surface des ventricules d'une grenouille au moyen d'un corps dur, on déchire le feuillet viscéral du péricarde; aussitôt la portion ventriculaire mise à nu fait hernie par cette ouverture et forme, pendant la systole, une sorte de petit sac qui se gorge de sang et contraste par son volume et sa couleur avec le reste de l'organe qui pâlit et devient exsangue. Pendant la diastole, les parois ventriculaires reprennent leur apparence uniformément colorée, mais le contraste se manifeste de nouveau à la systole prochaine '.

Insensibilité du cœur.

I 22. — Bien qu'il réagisse à divers excitants, le cœur est insensihle, en ce sens qu'on ne provoque pas de douleur en le touchant ni même en le blessant. La curieuse observation du fds de lord Montgomery révéla à Harvey cette insensibilité du cœur. Ce jeune homme, à la suite d'une blessure reçue dans son enfance, avait gardé une perforation des parois thoraciques laissant une ouverture béante au fond de laquelle on voyait battre le cœur. Une sorte de cuirasse métallique lui servait à recouvrir la blessure. Harvey

1. Cet effet ne serait-il pas intervenu dans les expériences dont Rossbach formule «m» les résultats , BeUrage Zur Physiologie des Herzcns.Vcrkandlung der Phys. med Geselsehaft ,n Wtirzbu.rg. Bd. V, p. 183)? Cet auteur, employant les excitations mécan.qucs, constate qu a loule période de la contraction le cœur réagit par un relâchement .mmed.at des fibres excitées. L'effet secondaire est un resserrement dumWe de la g.on excitée; cet effet ne manque que si l'excitation a été très faible. La , xotat.on agissant pendant la diastole ne produit d'effet qu'à la systole suivante dans laquelle les pomts excités n'ont qu'une contraction rudimen taire. Si l'on 2 un cœur tenu en arrêt d.astolique par le nerf vague, on n'observe pas le relâche ne pnrmt.f des pomts exc.tés et l'on provoque une systole générale "tellement

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put Introduire les doigts dans celle cavité, toucher le cœur et le sentir battre, sans provoquer aucune sensation chez le patient. Certains cas d'eetopie congénitale du cœur ont permis à d'autres observateurs de constater de nouveau cette insensibilité. Enfin les physiologistes ont maintes fois observé qu'en introduisant, chez les animaux, des thermomètres ou des sondes manométriques à L'intérieur du r.œUr, on ne provoque aucun signe apparent de douleur par ces attouchements de la membrane interne. Mais si ces contacts sont brusques et énergiques, on observe parfois des troubles du rythme du cœur annonçant qu'il a réagi aux excitants, en vertu d'une sensation non perçue à laquelle certains nerfs paraissent présider.

Effets des excitations électriques sur le cœur.

g 23. - On sait depuis longtemps que le cœur ne réagit pas comme les autres muscles à l'électricité l.

Des courants induits fréquemment répétés, capables de mettre un muscle quelconque en état de tétanos, ne font, en général, qu'augmenter un peu la fréquence des mouvements du cœur d'un animal vivant. C'est que le cœur est bien loin d'obéir à toutes les excitations électriques qui lui parviennent, tandis qu'un muscle ordinaire exécute autant de secousses qu'il reçoit d'excitations induites; aussi, quand le nombre des excitations est suffisant, un muscle ordinaire arrive-t-il au tétanos parfait.

Bowditch2 a signalé ce fait, que le cœur ne réagit pas à toutes les. excitations électriques qu'il reçoit. Il est vrai que si ces excitations sont extrêmement intenses, il répondra à chacune d'elles par une systole; mais, si les courants employés sont fai-

1 Galvani avait nié que le cœur fui excitable par 1 électricité ; mais en 1192 une Jn^Z instituée par l'Académie de Turin, pour juger cette question, reconnut que le cœur était sensible aux excitations électriques.

Bowditch (Arbeilen ans den physiologischen Anstalt. B. VI, s. 139, Leipz.g, 1872 À su 1 cœur isolé soumis à une circulation artificielle et insent ses mouvements l^ec 2 ^manomètre a mercure. Le ventricule est lié au-dessous venlricuiairc et la cavité de sa pointe commun, que seule avec le ^»°™t™- ^ nointe reste immobile tant qu'elle n'est soum.se a aucune excitat.on . ce .ont ses reac ils musculaîres que l'auteur étudie, supposant d'après les ^J^ïïK la région de la pointe ne contient pas d'appareils nerveux capables de compliquer les effets des excitations appliquées à la substance musculaire.

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