CHAPITRE III
bles, on verra le cœur tantôt réagir et tantôt rester insensible aux excitations. Cet auteur désigna par deux noms différents ces genres d'excitations plus ou moins intenses : il nomma les premières excitations infaillibles, puisque jamais elles ne manquaient leur effet; il appela les autres excitations suffisantes parce que, bien qu'elles restent parfois sans action, elles suffisent, dans certains cas, pour provoquer une systole.
Bowditch remarqua en outre que si l'on se sert d'excitations suffisantes, le nombre des systoles provoquées est toujours inférieur à celui des excitations électriques, et l'écart entre les deux est d'autant plus grand que les excitations sont plus fréquemment renouvelées. D'où l'on peut conclure, à ce qu'il m'a semblé, que si des excitations électriques sont fréquentes, un grand nombre d'entre elles sont non avenues et trouvent le cœur inexcitable.
Phases d'inégale excitabilité du cœur.
\ 24. — Je voulus me rendre compte des conditions dans lesquelles une excitation déterminée était tantôt efficace et tantôt inefficace. J'opérai d'abord sur le cœur d'une grenouille mis à nu et laissé en place dans la poitrine, de manière à ce qu'il conservât son rythme propre. Je m'aperçus alors qu'une môme excitation provoquait une systole ou n'en provoquait pas, suivant le moment de la révolution du cœur auquel elle arrivait.
Assurément, comme l'avait vu Bowditch, les excitations fortes étaient toujours infaillibles, mais les excitations faibles, ou suffisantes, étaient suivies de mouvements toutes les fois qu'on les avait produitespentto la diastole des ventricules, tandis qu'elles étaient non avenues quand elles se produisaient pendant la première partie de la phase systolique. Les conditions d'efficacité des excitations se trouvaient ainsi spécifiées et il devenait évident qu'à chacune de ses systoles le cœur présente des phases de plus grande et de moindre excitabilité
Désirant mieux déterminer la durée de la phase de moindre excitabilité, je fis une série d'expériences dans lesquelles, grâce à la lenteur des mouvements du cœur de la grenouille, il était facile