CHAPITRE XXVIII
INFLUENCES DE LA RESPIRATION SUR LA CIRCULATION DANS LE CŒUR ET DANS LES ARTÈRES.
Changements de position du cœur sous l'influence des mouvements respiratoires. — Influence de la respiration sur la tension artérielle et sur le pouls. — Conditions qui' amènent une discordance entre les mouvements respiratoires et les ondulations de la pression. — Influences de la toux et du hoquet sur le tracé du pouls. — Influence de l'effort sur les caractères du pouls. — Modifications des caractères du pouls par un effort d'inspiration.
L'influence de la respiration sur le cours du sang veineux a été étudiée au chapitre xxv; il nous reste à parler des effets qu'elle produit sur la situation du cœur, sur la circulation dans ses cavités et sur la pression du sang dans les artères. La connaissance de ces influences a une importance capitale pour celui qui explore les pulsations du cœur et le pouls artériel.
Changements de position du cœur sous l'influence des mouvements respiratoires.
2 309. — Le cœur repose sur la voûte convexe que forme le diaphragme à la base de la poitrine, et, glissant sur la courbure antérieure du diaphragme, se loge dans le sillon que forme celuici avec les parois thoraciques. Mais, pendant les mouvements e^fL respiratoires, la courbure du diaphragme change : l'angle où est logé le cœur s'ouvre dans l'inspiration et les ventricules s'abais- y£*~C sent; inversement, dans l'expiration, le cœur, pressé entre les parois thoraciques et le diaphragme qui devient plus convexe, s'élève, en s'échappant comme un corps glissant qu'on serre entre
les doigts. De ces mouvements alternatifs d'ascension et de descente, il résulte que si l'on explore la pulsation du cœur au voisi-
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nage de la pointe, au 5» espace intercostal, cette pointe s'éloigne des parois thoraciques, en s'élevant au moment des expirations puis revient au contact des parois à l'inspiration suivante, né là une sorte d'intermittence dans les pulsations, ou, tout au moins, une- inégalité périodique dans leur force et dans leur forme.
Les déplacements du cœur par la respiration se produisent à un moindre degré du côté du ventricule gauche, surtout quand le patient est couché horizontalement sur le côté gauche.
Influences de la respiration sur la tension artérielle et sur le pouls.
g 310. — Les physiologistes ont étudié avec soin les influences de la respiration sur la circulation artérielle ; les uns, en se servant du manomètre inscripteur, les autres en employant le sphygmographe. Malgré toutes ces recherches, la question reste encore entourée de certaines obscurités.
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Fig. 2Î9. Influence des mouvemenls respiratoires sur la pression du sang; la pression s'élève dans l'expiration, s'abaisse dans l'inspiration.
Lorsque, sur un animal, on adapte un manomètre à une artère voisine du thorax, on voit la colonne de mercure animée de deux sortes de mouvemenls : les uns, constitués par des oscillations petites et fréquentes, correspondent aux battements du cœur; les autres, formés par des oscillations plus grandes et plus rares, dépendent de la respiration1.
Au moyen de son kymographion, Ludwig oblint un tracé où ces
1. Un troisième ordre d'oscillations à durée encore plus longue s'observe quelquefois; ces oscillations sont dues aux contractions rythmiques des vaisseaux. (V. § 247, fig. 207 et 208.)