CHAPITRE XXVIII
ment où l'effort cesse ait le temps de traverser le cœur droit, le fl poumon, les veines pulmonaires, qu'il revienne enfin au cœur i^f^ gauche et y pénètre assez abondamment pour fournir des ondées' volumineuses. Il faut, en général, 6 à 7 secondes au sang pour accomplir ce parcours; mais alors, il est versé plus abondamment que de coutume, a cause de l'accumulation qui s'est faite dans les ' veines ; aussi, voit-on les pulsations devenir de plus en plus fortes et leur période systolique présenter plus de durée qu'à l'état normal.
g 319. — Changements de la fréquence du pouls pendant et après l'e/fort. — Nous savons que dans les circonstances ordinaires la forte pression du sang dans les artères tient à un obstacle au ' cours du sang dans les petits vaisseaux et qu'elle s'accompagne d'un ralentissement des battements du cœur. Dans l'effort d'expiration, la pression est augmentée dans la radiale, comme l'indique la hauteur du tracé. Pourquoi n'y a-t-il pas diminution de la fréquence du pouls? Pourquoi cette fréquence est-elle, au contraire, augmentée? On va voir que cette exception apparente s'explique tout naturellement et fournit une confirmation nouvelle à la loi que nous avons exprimée § 217.
Dans l'effort, l'augmentation de pression qu'on observe dans les artères périphériques ne tient pas à un obstacle au cours du sang, mais provient d'une force nouvelle qui s'ajoute à celle du ventricule gauche pour pousser le sang vers les extrémités artérielles. Or, cette force ne se borne pas à comprimer les artères elle agit aussi sur le cœur qui est placé dans le milieu comprimé.' Si nous éliminons l'action de la pression commune qui agit à la fois sur le cœur et sur les artères logées dans les cavités splanchniques, il ne reste plus qu'un surcroît de rapidité du sang dans les vaisseaux de la périphérie qui ne supportent que la pression atmosphérique normale. Cet écoulement plus facile du sang entraîne comme conséquence un accroissement de la fréquence des battements du cœur. Du reste, si l'on examine ce qui se passe après que l'effort a cessé, on voit que pendant que la tension artérielle se répare, les pulsations deviennent de moins en moins fréquentes, chacune ayant une durée plus longue que celle oui il précède. 4
Enfin, les réflexions qui ont été faites au paragraphe précédent sur la manière dont le cœur se remplit pendant l'effort, expliquent
l'augmenlation de fréquence des systoles quand chacune d'elles n'envoie qu'une petite ondée dans les artères. Cette accélération est une conséquence de la tendance du cœur à faire un travail uniforme, § 224. Après l'effort, au contraire, quand le sang retenu dans les veines rentre dans la circulation, le volume des ondées ventriculaires s'accroît, et chaque systole représentant un plus grand travail, le rythme de ces mouvements se ralentit.
Modifications des caractères du pouls par un effort d'inspiration.
§ 320. — Si, après avoir fermé la glotte comme dans les expériences précédentes, on fait un violent effort d'inspiration, la ligne d'ensemble du sphygmogramme s'abaisse (L, fig. 542); c'est le résultat naturel de l'aspiration thoracique exagérée. En outre, les mouvements du cœur se ralentissent, probablement sous l'influence du pneumogastrique, dont nous avons déjà vu les effets associés aux mouvements énergiques d'inspiration, g 316.
Deux causes concourent donc à produire l'abaissement de la
Fig. 242. Ralentissement du cœur et abaissement du niveau du pouls dans un effort
en inspiration.
tension artérielle : d'une part la dilatation de l'aorte, d'autre part le ralentissement du rythme du cœur.
Et cependant l'abaissement de la tension par l'effort inspiraloire est bien plus faible que l'élévation de la tension pendant l'effort expiratoire. Cela tient, d'une part, à ce que les forces inspiratrices sont toujours moindres que les forces expiratrices ; d'autre part, à ce que l'aorte, remplie et tendue, est très peu extensible et que, voisine de sa limite d'élasticité, elle cède très peu à l'aspiration thoracique.