CHAPITRE XXVIII
à quoi degré s'élève la pression de l'aircontenu dans le poumon pendant l'eflbrt. De cette manière, on constate parfois une pression de 12 à 14 centimètres de mercure à l'intérieur des voies aériennes. ^jff'*^" (fy*
On voit que les effets de l'effort ne sont que l'exagération de ceux que produit une expiration quand l'issue de l'air est gênée, v^-*^ Ces effets s'expliquent donc par la théorie que nous avons donnée c^Lu ^ ^ ci-dessus, § 312, et d'après laquelle la compression de l'aorte élève la pression moyenne (et par conséquent la ligne d'en- j/^^i semble du tracé) dans les artères périphériques, tandis que, si ; l'on supprime cette compression, il se produit un reflux du 1C i^vw sang vers les cavités splanchniques et un abaissement de la tension artérielle1.
1. Voici l'explication plus détaillée de ce qui se passe du.côté de la circulation artérielle pendant l'effort. Au moment où l'effort commence, le pouls qui s'écrivait sur une ligne horizontale a b, Og. 240, c'est-à-dire sans intervention des influences respiratoires, s'élève subitement de b en c. Arrivé à son summum, l'effort a comprimé l'aorte thoracique et l'aorte abdominale avec toute la force dont il était capable. Cette pression extérieure, secondée par l'élasticité aortique, a chassé vers les artères périphériques une certaine quantité de sang et y a élevé la tension jusqu'au niveau indiqué par le point c. Mais ces artères périphériques, contenant du sang sous une plus haute pression, donnent un débit plus rapide.de sorte que, sous l'influence de l'accroissement de la circulation péri-
Fig. 2'i0. Modifications du pouls pendant la durée de l'effort.
pliériquc, l'aorte se vide de plus en plus et diminue peu à peu de volume. En diminuant de volume, l'aorte perd de sa tension élastique, de telle sorte que la somme des forces qui poussent le sang vers la périphérie diminue graduellement. Le maximum de tension c ne se maintient donc pas dans les artères, mais décroît peu à peu, à mesure que décroît la force élastique de l'aorte, bien que l'effort se maintienne le môme et que la pression de l'air dans les poumons garde le même degré, comme on peut s'en assurer au moyen du manomètre.
A cette cause de décroissance de la pression dans les artères, il faut ajouter la diminution graduelle du volume des ondées vcntriculaires, car le sang veineux est retenu par I effort en dehors des cavités splanchniques. 11 s'ensuit une diminution du courant sanguin qui traverse le poumon et revient au cœur gauche. La figure 240 montre cette mabey, Circulation. 30
Mais l'influence de l'effort sur le pouls ne se borne pas à faire varier la ligne d'ensemble du tracé, c'est-à-dire la pression moyenne du sang dans les artères; elle change aussi la forme et la fréquence du pouls.
Le pouls, au moment où l'effort a élevé la tension de la radiale, devient fortement dicrote; plus on maintient l'effort, plus le dicrolisme devient marqué. Deux causes concourent à produire ce dicrotisme si prononcé : d'abord la moindre réplétion de l'aorte qui devient plus extensible, § 101, et ensuite la diminution du volume des ondées ventriculaires, § 49. Ajoutons que la plus grande fréquence des pulsations donne au dicrotisme le caractère que nous avons déjà signalé § 172, et qui a été désigné en Allemagne sous le nom d'anacrotisme.
Cette diminution du volume des ondées par l'obstacle que l'effort apportait au retour du sang veineux persiste encore quelques instants après que l'effort a cessé. En effet, pour que le ventricule gauche reçoive du sang en abondance et puisse en envoyer des quantités considérables à chaque systole, il faut que {/Z^JL^ le sang veineux qui rentre abondamment dans la poitrine au rno-
décroissance de la tension et fait voir qu'à partir du point c la ligne d'ensemble du tracé va toujours en s'abaissant.
Examinons maintenant la figure 241 qui montre avec détails la série des changements qui se produisent à partir du moment où l'effort qui durait depuis un certain temps cesse tout d'un coup. De a en 6 l'effort se continue, la tension est élevée dans la radiale, à cause de la compression de l'aorte.' L'effort cesse au point 6; aussitôt, le sang des ar-
Fig. 241. Modifications du pouls après que l'effort a cessé.
tères périphériques où la tension est forte reflue dans l'aorte qui, vidée d'une partie de son contenu, se trouve pour ainsi dire trop large. Ce reflux subit fait baisser la pression dans les artères périphériques et par conséquent dans la radiale.
A partir de ce moment, le cœur continuant à battre rétablit peu à peu l'état pnmitit de la tension artérielle, et l'on voit la ligne d'ensemble du tracé, d'abord tombée en c, s'élever peu à peu et reprendre son niveau normal en d