‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 254 sur 431 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Le même physiologiste a vu le ralentissement du cœur succéder à une irritation de la muqueuse pulmonaire. Un animal trachéo- .tomisé auquel on fait respirer de l'air mélangé de vapeurs irritantes présente, quoique à un faible degré, le ralentissement du cœur.

C'est à ce genre d'influence que paraît se rattacher l'effet des inspirations profondes ; le déploiement exagéré du poumon agirait comme une excitation sur les branches terminales des pneumogastriques. Brown-Séquard a démontré que l'intégrité de ces nerfs est nécessaire pour que ce ralentissement se produise.

Fig. 244. Ralentissement réflexe des mouvements du cœur à la suite d'un attouchement

du péritoine enflammé.

Bifii (de Milan) a obtenu sur la grenouille l'arrêt du cœur, au moyen d'une brusque percussion de l'abdomen. On l'observe à la suite d'un simple attouchement du péritoine, quand cette membrane a été quelque temps exposée à l'air et est devenue le siège d'une inflammation qui la rend plus sensible1. La figure 244

Dogiel, un grand nombre de physiologistes ont étudié ce phénomène : nous citerons particulièrement Hering et Kratschmer, Holmgren, Rutherford. L'historique détaillé de ces recherches a été rapporté par François-Franck dans son mémoire sur les effets des excitations des nerfs sensibles (Trav. lab., IV, 1879.)— Le même auteur a repris récemment ces expériences en les étendant aux différentes branches sensibles afférentes au pneumogastrique {Trav. lab., IV, 1878-79).

1. Les effets cardiaques des irritations des nerfs sensibles de l'abdomen ont été indiqués d'abord par Brown-Séquard (Arch. de médecine, 1856). Ce physiologiste avait observé l'arrêt réflexe du cœur sous l'influence de l'irritation traumatique des ganglions du plexus solaire. — Cl. Bernard [Palhol. exp., p. 120) rapporte des cas de mort rapide chez les animaux auxquels il pratiquait « diverses expériences sur les ganglions ou nerfs ahdominaux ». L'étude détaillée de ces effets cardiaques des irritations abdominales a été reprise en Allemagne par Goltz, Bernstein, etc.; de Tarchanoff (Trav. lab., 1876) les a complétées en montrant que l'irritation abdominale produit d'autant plus facilement les arrêts réflexes du cœur que la surface irritée a été rendue plus sensible par une inflammation préalable. C'est dans la même catégorie d'actions nerveuses réflexes qu'on doit ranger les syncopes qui surviennent chez l'homme à la suite de l'ingestion rapide de grandes quantités de boissons glacées. De même, la contusion de l'épigastre du testicule, la perforation intestinale dans la péritonite, la fièvre typhoïde, peuvent produire la mort subite par syncope, etc.

montre ce phénomène provoqué sur un lapin dont le péritoine était enflammé par une exposition prolongée à l'air.

L'expérience montre que l'intensité de l'action réflexe est proportionnelle à L'excitabilité des nerfs sensitifs ou à l'intensité de l'excitant employé. On provoque, en eilèt, des ralentissements plus ou moins marqués du rythme du cœur en graduant l'intensité de l'excitant. Ainsi, en passant sous le nez d'un lapin une éponge imbibée d'acide acétique, et en tenant cette éponge plus ou moins près des narines, François-Franck a produit des irritations graduellement croissantes de la muqueuse nasale. Les quatre tracés recueillis successivement, lignes 1,2,3,4, figure 245

Fig. 245. Ralentissement réflexe du cœur à la suite d'une irritation de la muqueuse nasale par des vapeurs d'acide acétique. L'intensité de l'irritation croît, dans la série des expériences, de l à'4 (d'après François-Franck).

correspondent aux effets d'excitations de plus en plus intenses de la muqueuse nasale.

Dans tous ces tracés, l'excitation de la muqueuse nasale a eu lieu à l'instant E. Dans le tracé inférieur (ligne 1), où cette excitation était très faible, le cœur se ralentit à peine, et tardivement; en même temps, la respiration continue. Le tracé 2, montre un ralentissement immédiat du cœur, l'excitation était déjà plus forte; la respiration s'arrête complètement en inspiration. Les tracés 3 et 4, obtenus avec des excitations plus fortes encore, c'est-à-dire en plaçant l'éponge très près des narines , montrent à un degré plus élevé le ralentissement du cœur et l'arrêt de la respiration.

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