CHAPITRE XXIX
C'est par les pneumogastriques que se transmet nu coeur l'action nerveuse réflexe qui en ralentit les mouvements.
g 322. — Pour démontrer que les pneumogastriques sont la voie centrifuge par laquelle le cœur est influencé dans son rythme, on répète les expériences précédentes, après avoir coupé ces deux nerfs, et l'on constate que le cœur cesse d'être ralenti. Il suffit de laisser un pneumogastrique intact pour voir se conserver le ralentissement ou l'arrêt réflexe du cœur. Or, comme les pneumogastriques contiennent des fibres sensitives de provenances variées, si l'on coupe l'un de ces nerfs et si l'on en excite le bout central, on voit encore se produire le ralentissement du cœur, le nerf resté intact servant à la transmission de l'action réflexe. Vient-on à couper ce second nerf, l'excitation du bout central du premier reste sans action sur le cœur ».
L'atropine a la propriété de supprimer l'action des pneumogastriques sur le cœur; elle fait disparaître les réflexes cardiaques dont nous venons de parler; ce poison est employé par les physiologistes comme un équivalent delà section des pneumogastriques.
Sur les animaux curarisés ou chloroformés, ces réflexes disparaissent également. Dans ce dernier cas , on pouvait croire que c'était exclusivement la suppression de l'acte sensitif qui supprimait l'action réflexe. Mais le chloroforme et la plupart des narcotiques agissent également sur le pneumogastrique en enlevant à / ce nerf sa propriété d'arrêter le cœur, de sorte que, malgré des excitations directement portées sur le pneumogastrique, le cœur garde son rythme ou bien s'accélère sur les animaux profondément chloroformés ou soumis à une curarisation intense.
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Actions réflexes qui se produisent sur le système vaso-moteur.
1 323. — On a vu au chapitre xxiv qu'il semble y avoir deux sortes^*" de nerfs vasculaires, les uns constricteurs, émanés du grand sym-
Jm™' 'nflUetnCf n™ses don» nous venons de parler ne se bornent pas à ralentir
e pTrat Tes Lt "J? "'f °U raIenti^galement les mouvements
csp.rato.re . Cet effet s'observe dans les figures ci-dessus représentées : après l'exci-
«lire les ondulat.ons du tracé qu, correspondent aux mouvements respiratoires.
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pathique, les autres dilatateurs, dont les mieux connus, la corde du tympan par exemple, semblent provenir directement du système cérébro-spinal. Ces nerfs dont nous avons déjà vu les effets quand on les soumet à une excitation directe semblent agir éga- 5 lement sous une influence réflexe. Brown-Séquard et Tolozan 1 ont montré que si l'on plonge une main dans l'eau glacée, l'autre main se refroidit; ces auteurs attribuent à un resserrement réflexe des vaisseaux le refroidissement de la main qui n'est pas dans l'eau. Il est, en effet, bien difficile d'admettre que le refroidissement du sang ait eu le temps de se faire, de sorte que la main non immergée ait reçu du sang refroidi. On peut, du reste, démontrer directement qu'un resserrement vasculaire s'est produit dans ces circonstances. François-Franck a répété, sous une forme plus pré-
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^ig. 246- Resserrement réflexe des vaisseaux de l'avant-bras et de la main, inscrit au moyen de l'ap- , pareil fig. 99. L'une des mains étant dans l'appareil, on saisit de l'autre un morceau de glace à
-. î<ov~/ î'instant FF' (d'après François-Franck).
cise, l'expérience de Brown-Séquard et Tolozan. En plaçant l'une de ses mains dans un appareil inscripteur des changements de volume, et en tenant dans l'autre main un morceau de glace, il a vu une diminution de volume notable de la main qui n'était pas soumise à l'action directe du froid. La figure 246 ne laisse aucun doute sur l'existence du resserrement vasculaire dont nous venons de parler.
Mpsso a vu également, en plongeant le bras dans son pléthyslN^ivy>^v"mographe (§ 240), qu'une émotion amenait un changement de C]/V^A^ volume de la région immergée; d'autres fois, l'ingestion d'un médicament d'une saveur désagréable provoquait un resserre- - 0*a-1* ment immédiat des vaisseaux2; il a répété l'expérience sur différents sujets et sur différentes régions du corps, avec le même
1. Brown-Séquard et Tolozan, Recherches expérimentales sur quelques effets du froidsur l'homme (Soc. de Biol., 1851), et Journ. de laPhysiol., 1858, p. 497.