‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 260 sur 431 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

influences : une pression plus forte du sang artériel peut les produire, mais ils peuvent aussi bien dépendre d'un relâchement des vaisseaux. Mosso a donc combattu avec raison les prétentions de Basch qui espérait évaluer la pression du sang dans les organes, d'après leur changement de volume.

11 faut nécessairement arriver à cette conclusion, que chacun des moyens que nous avons d'estimer les changements dans la circulation n'est bon qu'à la condition d'être contrôlé par un autre. La détermination simultanée de la vitesse et de la pression du sang dans une artère serait sans doute le meilleur moyen de reconnaître si l'on a affaire à un changement de la force impulsive du sang, ou à une variation de la résistance des petits vaisseaux. Mais l'application des instruments inscripteurs de la vitesse n'est possible que sur les grosses artères des grands animaux; exiger l'emploi de cette méthode serait restreindre beaucoup le champ des expériences possibles, ce serait interdire l'expérimentation à tous ceux qui ne disposent que des ressources des laboratoires ordinaires de physiologie.

Il semble qu'on puisse trouver un moyen d'égale valeur dans l'inscription simultanée des changements de volume d'un organe et des changements de la pression dans les artères afférentes. En effet, si une région se gonfle par suite du relâchement de ses vaisseaux, il en résultera une certaine diminution de la pression dans l'artère afférente. Si, au contraire, on voit s'élever la pression en même temps que s'accroît le volume, on devra rapporter cet effet à un accroissement de la force qui pousse le sang.

J'ai l'ait avec François-Franck quelques essais pour inscrire les changements de volume des membres chez les animaux. Mais la patte d'un chien ou celle d'un lapin se prêtent très mal à l'adaptation des appareils à déplacement, et nos essais n'ont pas réussi. Toutefois, en présence des perfectionnements que reçoit chaque jour cette méthode, il est à espérer qu'on pourra bientôt combiner l'emploi du manomètre à celui d'un inscripteur des changements de volume. Mosso a fait dans ce sens d'heureuses tentatives : ainsi, il a inscrit à la fois les changements de volume du cerveau et les changements de pression dans la carotide, ce qui remplit toutes les conditions requises pour une expérience rigoureuse

1. Depuis la rédaction de ce chapitre, j'ai appris que MM. Ch. Roy et Conheim avaient fait construire toute une série d'appareils explorateurs des changements de volume

Dans lu tu de du rythme du cœur, on attribue d'ordinaire à des influences nerveuses les troubles qui se produiscnl. Mais on a vu précédemment que ces modiliealions tiennent souvent à des variations primitives de la pression du sang dans les artères. Il est probable qu'elles tiennent, parfois aussi, à des changements dans la circulation pulmonaire. Quand le cœur gauche reçoit peu de sang, les battements s'accélèrent 224). Il est donc possible que des actions nerveuses qui auraient pour effet de resserrer les capillaires du poumon produisent l'accélération des mouvements du cœur. Un expérimentateur non prévenu les attribuerait sans doute à une action accélératrice directe ou réflexe du cœur1.

Il est probable qu'une étude plus approfondie réduira notablement le nombre des actions réellement subordonnées à des influences nerveuses réflexes, ou du moins diminuera beaucoup la complication de ces phénomènes.

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