‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 266 sur 431 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Toutefois il n'y a pas opposition absolue entre l'action que ces ^w^. 0 deux groupes de poisons exercent sur le cœur; deux d'entre eux ^ t ^ seulement peuvent être considérés comme antagonistes l'un de l'autre, la muscarine et l'atropine.

La muscarine introduite dans l'organisme agit sur un grand <K^V , o^L^nombre de fonctions : ainsi elle accroît la sécrétion de la plupart ^C^CU- U*~s des glandes, fait resserrer la pupille, provoque des contractions ^L^x de l'estomac et des intestins, trouble la respiration, et semble JT* , u~^~

atteindre aussi la fonction musculaire. Quant au cœur, elle l'arrête en augmentant graduellement la durée des périodes diastoliques. J/(T~< Cet arrêt ne dépend pas d'une influence nerveuse centrifuge trans- ... mise par les pneumogastriques, car on l'obtient aussi après que ces nerfs ont été coupés. Lorsque tout mouvement du cœur a cessé, '^fn-j^on trouve les ventricules en diastole, rouges et gonflés par le V, sang.

L'atropine produit, même à faible dose, des effets généraux o^" marqués: elle tarit les sécrétions, dilate la pupille, relâche Fin- oU(I( teslin, modifie la respiration. Quant au cœur, elle en accélère le rythme comme le fait la section des nerfs pneumogastriques ; ceux-ci perdent leur propriété d'arrêter le cœur, et l'excitation du bout périphérique de l'un d'eux reste sans effet. En même temps A qu'il accélère son rythme, le cœur se relâche de moins en moins, et quand il a cessé de battre, le ventricule revenu sur lui-même^b» est complètement exsangue et décoloré. UZj^ '

Cette opposition des effets produits par ces deux poisons a inspiré » à Schmiedeberg et Koppe 1 l'idée de les employer concurremment, pour voir- s'ils ne se neutraliseraient pas l'un l'autre, et ces t < auteurs ont observé qu'une faible dose d'atropine supprime instantanément les effets généraux produits par la muscarine, en ' même temps que les troubles de la fonction cardiaque. J.-L. Prévost2 a proposé l'emploi de l'atropine comme contre-poison de /?, la muscarine et réciproquement. 11 a vu, toutefois, qu'il existe entre ces poisons une différence notable d'énergie, et qu'il faut des doses élevées de muscarine pour supprimer momentanément les effets de l'atropine.

On a signalé également un certain degré d'antagonisme entre

1. Schmiedeberg et Koppe, das Muskarin, das gifiige Alcaloïde des Flienenpilzes Leipzig, 1869. a ^ '

jj. J.-L. Prévost, Antagonisme physiologique (Congrès international de Genève loi i, p. 716). '

des poisons du groupe diastolique et d'autres du groupe systolique; mais l'opposition de leurs effets est moins complète que celle de l'atropine et de la muscarine.

Action de» poisons sur les vaisseaux.

§ 341. La plupart des substances chimiques ou médicamenteuses, introduites dans les vaisseaux, en modifient la contractilité; presque toujours, comme on l'a vu, le premier effet est un resserrement vasculaire auquel succède un relâchement. Il estl toutefois certaines substances qui ont sur les vaisseaux une frCvwt influence extrêmement prononcée : les unes pour les faire coni l Ju/V V^^V" tracter, comme la nicotine, la digitaline, l'ergotine etc.; les autres pour les faire relâcher, comme le nitrite d'amyle, et, à des degrés (^^l | \/\-Ja> moindres, l'inée, le chloroforme, les narcotiques, le curare, etc. çjUUr^ [iy^JL^ Ori a tenté de grouper les poisons qui ont une action vasculaire,

r u^~^ en poisons constricteurs et en poisons dilatateurs, mais, d'une part

cette distinction est rendue illusoire, par l'opposition complète des effets de tout poison, suivant la dose à laquelle il est employé; d'autre part, le rapprochement qu'on a voulu faire entre lesj poisons vaso-constricteurs et les poisons systoliques, entre les vaso-dilatateurs et les diastoliques, n'est pas justifié par les expé-j riences instituées à cet égard.

En résumé, la question relative aux effets des poisons sur la < circulation du sang est d'une complexité extrême, attendu qu'un poison introduit dans l'organisme porte son action sur un grand ; nombre d'appareils; que, dans la circulation, il peut intéresser àj la fois le cœur et les vaisseaux, produisant sur l'un et sur lesj autres des effets qui tantôt s'ajoutent et tantôt se combattent; que non seulement les poisons modifient les influences nerveuses, mais aussi les propriétés du tissu musculaire lui-même, ; soit dans le cœur, soit dans les vaisseaux.

Cette extrême complexité doit inspirer une grande prudence ai ceux qui veulent étudier l'action thérapeutique des différentes substances toxiques et médicamenteuses. Gomme ces substances ^ peuvent agir à la fois sur la grande et sur la petite circulation, sur le cœur et sur les vaisseaux, sur les nerfs et sur les tissus contractiles, il faut rechercher isolément chacun de ces modes

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