‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 269 sur 431 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

cielles, il se fait une perte de chaleur plus ou moins grande suivant la température extérieure. C'est en réparant celte perte que le relâchement des vaisseaux, au moyen de l'accélération du cours ' <^o-~du sang qui en résulte, élève la température des organes.

Chez les animaux à sang chaud, la température du corps est presque toujours notablement supérieure à celle du milieu dans lequel ils vivent; ces animaux perdent donc sans cesse de la chaleur; ce n'est que par une production de chaleur continuelle qu'ils se maintiennent plus chauds que le milieu ambiant.

Nous n'avons pas à examiner dans ce chapitre quelles sont les sources de la chaleur animale, mais seulement à montrer comment la circulation répartit cette chaleur dans l'organisme, et réchauffe plus ou moins les parties qui tendent à se refroidir.

Causes de la déperdition de chaleur.

§ 3j3. — Supposons que la température du corps soit portée à (L un degré égal pour tous les points de l'économie; puis, qu'cà partir de ce moment, les causes du refroidissement agissent ' seules, comme cela* arriverait pour un cadavre qu'on aurait réchauffé dans, un bain. Sous l'influence du refroidissement, il se fera une nouvelle répartition de la température, de telle sorte que les extrémités, mains, pieds, nez, oreilles, etc., deviendront ^ plus froides que le reste du corps. En un mot, les parties qui ont beaucoup de surface et peu de volume se refroidiront vite, V tandis que les organes profonds, beaucoup plus abrités contre ^ les pertes de chaleur, conserveront longtemps leur température élevée1.

La production constante d'une certaine quantité de chaleur dans tous les points de l'économie ne saurait empêcher une très grande inégalité entre la température des parties profondes du corps et celle des parties superficielles. Si la circulation ne produisait pas un mélange continuel du sang des différents organes, il arriverait nécessairement, d'une part, quelesparties profondes, se

1. C'est ainsi qu'à la surface du globe, non seulement la chaleur va croissant à mesure qu'on descend vers la prorondeur de la terre, mais cet accroissement n'est pas la môme suivant qu'on le recherche dans la plaine ou sur les pics élevés. Les saillies du sol, rayonnant davantage, se refroidissent plus profondément: aussi, pour arriver ù 'les couches isothermes faut-il creuser plus profondément en montagne qu'en plaine. marey, Circulation. ■ 22

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reiroidissanl très peu, accumuleraient en elles une grande quantité de chaleur; d'autre part, que les parties superficielles, môme en recevant une certaine quantité de chaleur, en perdraient plus qu'elles n'en pourraient produire, et se refroidiraient en raison de l'abaissement delà température extérieure1.

Interprétation des expériences duns lesquelles on modifie la température d'un organe en en modifiant la circulation.

OvvvGCU^ Lw^~YJ § 344. — La circulation tend à corriger l'inégalité de température entre les parties superficielles et les parties profondes. En effet, elle apporte sans cesse, à la surface du corps, du sang chaud qui vient des centres, et rapporte aux centres, du sang qui s'est refroidi à la superficie du corps. Le sang veineux part du cœur avec une température de 39° environ, il tend à donner à tous les organes uniformément cette température, tandis que les causes \ U - de refroidissement tendent continuellement à détruire l'équilibre. Ni l'une ni l'autre de ces influences antagonistes ne s'exerce d'une j manière complète, de telle sorte que, d'un côté, l'inégalité de j ^<V^ \ température entre les différents organes augmente avec le refroidissement du milieu extérieur; et de l'autre, le nivellement, de /VV~la température des différents organes est d'autant plus parfait ; que la circulation est plus rapide et vient plus amplement réparer j les pertes qui se font en certains points.

Ainsi, quand on se tient dans une chambre dont la température est de 20» par exemple, et qu'on cherche avec le thermomètre quelle est la température comparative de trois points du corps inégalement exposés au refroidissement, tels quela main, l'aisselle I et l'urèthre, on trouve des températures différentes pour ces trois points : la main est plus froide, l'aisselle l'est beaucoup moins,

1 Les causes de refroidissement de la surface du corps sont nombreuses ; elles ne se bornent pas au rayonnement proprement dit. Tous les Corps qui nous entourent empruntent à nos tissus une quantité de chaleur d'autant plus grande qu ils sont a une température plus basse et qu'ils conduisent mieux la Chaleur: Le mouvement de l'air qui nous entoure est encore une cause de refroidissement d'autant plus grande que le courant d'air est plus rapide. De même, quand le corps est plonge dans un 18 quide à basse température, la vitesse du courant augmente le refroidissement. Enfin, l'évaporalion qui se fait, soit par la surface des téguments, soit par le poumon. enMJ à nos tissus une quantité de chaleur souvent très considérable. C'est par l ^aporalioB que nous perdons de la chaleur, même quand la température de l air excède celle notre corps.

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