CHAPITRE XXX
enlin l'urèthre, à une grande profondeur, présente la température la plus haute, environ 38°.
Si l'on refroidit alors l'air de la chambre, on voit que c'est la main qui subit an plus haut de' ment; l'aisselle se refroidit beai pas de refroidissement notable.
Enfin si, à ce moment, on accélère la circulation, au moyen d'un peu de gymnastique par exemple, on voit se manifester une <^JL^ tendance au nivellement des températures; la main s'échauffe wf U cJ^ notablement, l'aisselle s'échauffe moins, enfin l'urèthre reste u-u*^sensiblement au même degré qu'auparavant.
3 la chambre, on voit que c'est la egré l'influence de ce refroidisse- h lucoup moins, l'urèthre ne subit
De l'inégale répartition de la chaleur dans les différents organes.
§ 345. Cl. Bernard et Walferdin ont constaté que le sang veineux qui revient des membres est plus froid que le sang des artères qui s'y rend, tandis que, pour les viscères splanchniques, c'est l'inverse qu'on observe.
Quand le sang veineux de toutes provenances se mélange dans le cœur droit, il y présente une température d'environ 39°. Après avoir traversé le poumon, le sang, dans le cœur gauche, a perdu d'ordinaire une certaine quantité de chaleur. Malgaigne, Berger Hering, Cl. Bernard1, ont constaté cet abaissement de tempéra- ^ ture qui exclut la supposition que le poumon soit le lieu de production de la chaleur animale2. Le sang part du ventricule gauche avec une certaine température, mais ne la garde pas dans tout le système artériel; déjà dans les artères des membres il est sensiblement refroidi, et ce refroidissement est bien plus grand encore pour le sang veineux qui revient des membres. Cl. Bernard a ob- i servé, par des temps froids, un écart de 3° à 4° entre la température du sang de la carotide et celle du sang de la jugulaire. à ht
Dans certains organes, le refroidissement n'a pas lien; ainsi, tous les viscères abdominaux sont à peu près complètement pro-
1. Voir, pour l'historique de celle question, Cl. Kernard, Leçons sur la chai,,,,, animale, p. 82, 1876.
2. Certains auteurs, Colin et Jacobson, entre autres, ont trouvé parfois une tempé rature un peu plus élevée dans le coeur gauche; mais cette légère différence est in" suffisante pour faire supposer qu'une importante production de chaleur ait «n„ cIa^" dans le poumon. on sieSe
légôs contre les causes de refroidissement et s'ils produisent delà chaleur, cette chaleur se retrouve dans le sang de leurs veines qui présente une température plus élevée que le sang artériel. Tel est le cas du foie, du cerveau, et probablement d'autres organes profonds. Le foie semble être l'organe qui produit le plus de chaleur, puisque le sang qu'il verse par les veines sus-hépatiques est, d'après Cl. Bernard, de 0°,2 à 0°,4 plus chaud que le sang qu'il reçoit par la veine porte.
La conclusion naturelle qui se déduit d'un excès de la tempêta Iaw- rature du sang des veines sur celle du sang des artères d'une région, est qu'une certaine quantité de chaleur s'y est produite.
La température des régions superficielles est un critérium de lu -vitesse du sang qui les traverse.
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§ 346. — J'ai insisté précédemment sur la nécessité d'avoir plusieurs moyens de contrôler l'état de la circulation, le manomètre tout seul ne donnant le plus souvent que des indications insuffisantes § 206. La température des régions superficielles fournit des indications précieuses relativement ù la vitesse de la circulation. L'échauffement de ces parties indique une circulation rapide ; leur refroidissement, une circulation lente. 11 suit de là que si l'on applique un manomètre à une artère et si cet instrument marque un abaissement de la tension artérielle, la connaissance des variations que la température superficielle aura éprouvées, permettra de savoir si la chute de pression dépend d'un affaiblissement du cœur ou d'un relâchement des petits vaisseaux. En effet, dans le premier cas, la chute de pression s'accompagnera d'un refroidissement des parties superficielles; dans le second, d'une élévation de leur température.
Que l'on coupe la moelle épinière d'un animal, à la région du cou, la section intéressera les origines des nerfs vaso-constricteurs et amènera une chute de pression, par suite de la diminution de l'obstacle au cours du sang dans les capillaires; aussi
J^J^ verra-t-on se produire, dans les premiers instants un échauffe-
ment général des parties superficielles, sous l'influence de l'accé- • i^v^ lération du cours du sang.
Produisons, au contraire, une chute de pression en diminuant \ la quantité de sang que le cœur envoie dans les artères, par